La serre bio-climatique écoconstruite du jardin d’Eric nous permet de produire des plantes tout au long de l’année grâce à certains des principes du bio-climatisme.

Démarche collective, écologique et pédagogique

Collectif

Chantier participatif réunissant 25 personnes issues du monde associatif (COOPERE 34)

Le jardin a été conçu collectivement, ainsi que la serre bio-climatique écoconstruite. Observations, analyses, design et mise en œuvre ont été réalisés par des bénévoles, actifs ou sympathisants de l’association.

D’après nos estimations, 500 heures ou plus ont été nécessaires à sa construction: pendant trois mois tous les mercredi. Durant ces chantiers participatifs, où nous avons été jusqu’à 25 personnes), nous avons récolté, découpé et assemblé des bouteilles pour en faire des briques, creusé la terre et réalisé le torchis, mis en place la structure bois et les piquets de fondation ainsi que les murs de soubassement.

Écologique

photo d'un mur en torchis en cours de réalisation
Terre, bois, paille, les matériaux de base de cette construction…

De par la nature des matériaux utilisés et leur provenance, nous considérons cette serre comme écologique:

  • terre prise directement sur le chantier
  • paille récupérée dans la région
  • le grillage utilisé a été trouvé aux abords d’un trottoir proche
  • seules les plaques de polycarbonate ne sont pas sourcées localement et ne sont pas écologiques en soi.

Pédagogique

un groupe de participants au chantier et une explication en cours

Parce que l’on applique plusieurs méthodes de construction naturelle, ensuite diverses méthodes de semis, le tout avec un bâtiment construit en respectant certains des principes du bio-climatisme et dans un jardin lui-même conçu en permaculture par ses membres…

Principes du bio-climatisme

1. Capter la chaleur ou s’en protéger

  • Orienter le bâtiment selon l’axe nord/sud
  • Vitrer la façade au sud
  • Protéger la façade nord : ici le mur nord est fait en torchis (meilleur isolant que le vitrage)
  • Installer une casquette de toit
  • Installer une mare pour réverbérer le soleil
mare placée au sud d'une serre afin de réverbérer le rayonnement solaire

Ici, nous avons creusé une mare contre la partie vitrée de la serre. Cette étendue d’eau réfléchira le rayonnement solaire contre la serre, surtout en hiver ou le soleil est bas. Pour l’été, la natte en haut de la photo protège la mare des coups de chaud.

Attention : dans le Midi il fait très chaud l’été! Vitrer tout le sud de sa maison peut être intéressant l’hiver mais s’avérer coûteux et inconfortable l’été. Tout est question de contexte avec la Permaculture…Nous n’en parlons pas ici car il s’agit d’une serre, mais installer un “masque végétal” et d’une “casquette de toit” est importante.

Casquette de toit

La casquette de toit est un débord en toiture. En été, le soleil (orienté à environ 78°) tapera dessus au lieu de taper sur le vitrage de la serre. Cela réduit l’effet de serre et donc la chaleur. L’hiver en revanche, aucun problème : l’orientation du soleil à environ 22° rend la casquette inopérante, et la serre est chauffée! Ci-dessous un exemple plus parlant, par ma tutrice en Permaculture Irene Kightley :

Building the terrace for optimum solar gain in winter
Une casquette de toit pour une maison d’habitation

2. Transformer, diffuser la chaleur

Ici, ce sont les teintes des matériaux qui influent sur la diffusion de la chaleur.

Sommairement, un matériau de couleur foncée aura tendance à assimiler le rayonnement solaire en chaleur, et un de couleur claire réfléchira plutôt ce dernier. C’est pour cela que dans le Sud de la France, il arrive souvent que les maisons soient blanches.

Dans notre cas, les murs en torchis ont pour effet d’accumuler de la chaleur au moment où le soleil tape dessus.

3. Conserver la chaleur ou la fraicheur

En hiver, conserver à l’intérieur l’énergie solaire transformée est important. Ici, on profite de l‘inertie thermique: c’est lui qui fait qu’une pierre peut rester tiède toute la nuit si elle est assez grosse et de couleur foncé.

Serre bio-climatique écoconstruite
évolution de la température sur une journée, sans inertie thermique Versus avec inertie.

Favoriser un sol “lourd” et foncé maximise la conservation de l’énergie solaire: le sol a une grande capacité à accumuler l’énergie, et sa couleur lui permet de l’assimiler facilement.

Concrètement, on a rempli des bidons d’eau, et on les a peint en noir. Installant ça plein sud, on profite d’une masse facile à mettre en place, et on augmente l’inertie thermique, régulant ainsi la température sur une journée.

En été, on ouvre au moment où la température intérieure est supérieure à l’extérieur. Une vitre couplée à un vérin automatique (il réagit à la température intérieure) s’ouvre, et on crée un simple courant d’air en ouvrant la porte de la serre. En faisant ça la nuit et en refermant le jour, on limite l’entrée d’air chaud supplémentaire et on refroidit l’intérieur.

Des erreurs de conception…

Cette serre bio-climatique écoconstruite ayant été réalisée par des bénévoles, dans l’état de nos connaissances et sans budget , le résultat est perfectible.

A lire aussi :  Les déplacements doux comme vecteurs de lien social

Les points principaux : Ayant eu du mal à imaginer le temps de construction, nous nous sommes trouvé en retard lors du démarrage de la saison au jardin…ainsi, nous avons dû faire des choix à l’encontre des principes du bio-climatisme:

  • Toiture entièrement vitrée – encore plus de chaleur en été alors qu’on doit la limiter: cela nous crée plus de travail d’installation
  • Moitié du mur Ouest vitrée – même raison pour l’été, et plus de déperdition en hiver
  • Pas d’isolation au sol – remontée de froid l’hiver, par conduction (moins critique que si c’était une habitation)

Les améliorations possibles au 29 Aout 2018:

  • Ne plus couvrir le sol des allées de la serre, battre la terre le plus possible pour profiter de sa masse thermique tout en pouvant cheminer à l’intérieur.
  • Mettre une toiture non vitrée au plafond (type “toiture en tôle”, voire même un simple drap).
    • Si une telle solution est prise, on peut peindre cette toiture comme les zèbres: en alternant le noir et le blanc (cela crée des dépressions d’air et réduit la température à la surface du matériaux).
  • Installer une ouverture dans le toit (type velux), car la ventilation verticale est plus efficace que l’horizontale pour extraire l’air chaud en excès (la chaleur monte).
  • Avoir un plafond de couleur claire: renvoyer une partie de la chaleur vers le bas, par conduction.

Conclusion

Cette serre tend à être bioclimatique, elle est écoconstruite en chantiers participatifs. Il nous semble que c’est un exemple intéressant d’application des éthiques et principes de la permaculture.

les trois éthiques de la permaculture

L’éthique de la permaculture; question d’équilibre. ici :

  • soins à la terre : matériaux locaux
  • soins aux gens : serre = nourriture
  • partage équitable : chantier participatif

Cette œuvre collective ambitieuse servira le groupe de jardiniers et permettra de transmettre notre expérience à tous pendant longtemps!

Pour aller plus loin, nous vous invitons à lire le dossier technique complet, partie intégrante d’un mémoire de permaculture appliquée.

Quelques photos de la serre bio-climatique


1 : La mare est placée au bas du terrain pour recueillir la pluie excédentaire, que le sol des cultures n’aurait pas pu absorber.

2 : structure bois, piquets de fondations et vitres achetées par le propriétaire du terrain; tout le reste n’a rien coûté.

3 : Le zèbre serait fait ainsi pour réduire sa température. Source: L’économie bleue, de Gunter Pauli


A propos de la série #30JoursPourYPenser

Pendant le confinement lié au Coronavirus : 30 jours, 30 articles, autour de la nature et de l’humain, pour comprendre et dessiner un monde durable et joyeux !

La meilleure façon de nous suivre :

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