Comment arroser à l’urine ?

Comment arroser à l’urine ?

L’injecteur Mazzei est une pièce de plastique s’intégrant à un circuit d’eau et permettant la dilution d’un liquide dans un autre, par exemple un engrais. Concernant mes travaux, il s’agit de diluer de l’urine dans l’eau pour fertiliser les plantes (voir Valoriser l’urine comme engrais), ou plus simplement : apprendre comment arroser à l’urine au jardin ?

Comment arroser à l'urine ?
à gauche, l’eau rentre. le diamètre intérieur rétrécit brusquement, causant une dépression permettant la sucion d’un autre liquide en plus petite quantité

Chez moi, ce système coûtant aux alentours de 50€ n’est pas installé sur une ligne d’eau, je le garde plutôt à l’abri et aie installé des raccords rapides pour pouvoir le déplacer et l’installer rapidement à plusieurs endroits: le jardin, la terrasse, le composteur, d’autres jardins…

Comment arroser à l'urine ?
on voit ici l’injecteur placé sur mon réseau d’eau domestique à l’aide de raccords rapides classiques, le petit tuyau transparent remonte l’urine du bidon en arrière-plan, et la dilue dans l’eau qui passe du bas vers le haut sur cette photo.

Ce matériel n’est constitué d’aucune pièce mobile et fonctionne selon un principe physique nommé l’effet venturi, donc il ne devrait jamais tomber en panne. La maintenabilité d’un équipement devrait toujours être considérée lors d’une conception en permaculture, et rien n’est plus fiable qu’un principe physique!


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Fête des possibles, Septembre 2019 partout en France

Fête des possibles, Septembre 2019 partout en France

Vers un monde plus juste, plus écolo, plus humain ! Des rendez-vous près de chez vous pour rencontrer celles et ceux qui agissent au quotidien.

Tel est le créneau de la fête des possibles, événement national du 14 au 29 Septembre, dans toute la France et donc sur Béziers et sa région, organisé par nos partenaires de Alternatiba Pays Biterrois en partenariat avec des associations et citoyens du territoire!

Au programme sur Béziers :

  • Comment passer à 100 % d’énergies renouvelables à partir de 2050 le 17 septembre 2019
  • Découverte de la ville en vélo et à pied le 28 septembre 2019

” Le projet de société juste et durable auquel une grande majorité des citoyens aspire s’écrit jour après jour depuis des dizaines d’années. Des milliers d’initiatives concrètes se développent sur nos territoires et constituent de nouvelles habitudes de vie, de nouveaux modes de consommation et de production.
La Fête des Possibles aspire à faire connaître et grandir ce chemin vers un monde plus juste, plus écolo et plus humain, au travers d’événements près de chez vous pour rencontrer celles et ceux qui agissent au quotidien.
On se retrouve de nouveau du 14 au 29 septembre 2019 pour continuer à fêter et amplifier cette dynamique citoyenne sans précédent ! “

En savoir plus: https://fete-des-possibles.org/

Restez informés! 🙂 Vous souhaitez en savoir plus sur nous c’est ici et pour prendre contact c’est là

Valoriser l’urine

Valoriser l’urine

Dans le cadre du Jardin de Villamont, la revalorisation totale de l’urine et des matières organiques humaines est cruciale car nous ne pouvons installer des animaux dans la résidence.

Pas d’animaux = Moins d’azote disponible aux cultures

Le manque de matière azotée se fait ressentir dès les premières chaleurs/sécheresses, en conséquence il y a moins de verdure, et le manque de pluie a un impact conséquent sur le jardin:

  • Les plantes manquent d’azote pour leur croissance au moment où la chaleur arrive.
  • La matière organique se décompose bien plus lentement, contribuant à ralentir la formation d’humus et ralentissant l’augmentation de la teneur de carbone du sol.

Résultat : Boucle de rétroaction négative/cercle vicieux!

Pour ces raisons, il semble important de valoriser le peu de matière disponible: les déjections humaines. Néanmoins je ne m’attarderais pas sur ce sujet ici.

En savoir plus : article complet sur la valorisation de l’urine et les toilettes sèches en ville.

Voici un prototype ébauché hier en quelques heures de réflexion/fabrication:

Combo “Pissotière fertile + toilettes sèche à séparation”

Cahier des charges :

  • Concevoir un système facilement reproductible avec peu d’outils
  • Produire un système simple à entretenir (changement des outres aisé)
  • Créer et réaliser un système le plus biodégradable possible
  • Concevoir un système déplaçable pour en faire des démonstrations
  • Réaliser un prototype avec les moyens du bord

Fonctionnement:

  • S’installer sur la pédale ouvre l’outre
  • Ensuite uriner
  • Puis mettre 3 à-coups sur la pédale en fin d’opération pour purger le tuyau
  • Enfin s’enlever de la pédale referme l’outre

Pistes d’amélioration:

  • Faciliter le réglage de la hauteur
  • Utiliser un réceptacle plus large et plus esthétique
  • Reproduire le système en plus esthétique et solide pour populariser la démarche

Combiné avec le système de dilution automatique de l’urine actuellement utilisé au jardin, il n’y aura plus qu’à calculer le besoin en azote par m² et par période, pour fertiliser au bon moment.

Quelques détails en photos:

Un exemple de culture en strates

Un exemple de culture en strates

Concevoir des petits systèmes intensifs, c’est profiter du volume plutôt que de la surface, se donner les moyens de multiplier les rendements pour la même place occupée. C’est ainsi que certains producteurs triplent leur valeur économique au mètre carré*. Voici un exemple de culture en strates en images :

A Villamont, le mur sud du jardin est surplombé par une rambarde métallique sur laquelle il est simple d’attacher des cordes. Faire monter de la vigne ou des courges demande alors très peu de travail, aucune structure supplémentaire n’est à créer.

On peut aussi voir sur la droite un abricotier, donné par un ami il y a quelques années. Encore une affaire de volume, mais aussi de synergies entre plantes 🙂 On pourrait expliquer nombre de principes permaculturels avec ces seules photos!


  • Nous proposons des services de design en permaculture : Voir l’article
  • Si l’envie vous prend d’en savoir plus nous, c’est ici
  • pour prendre contact avec l’association, c’est par ici

* : voir les chiffres évoqués dans le livre Vivre avec la terre, de Charles et Perrine Hervé-Gruyer

Comment arroser à l’urine ?

Freegan : la récup’ comme art de vivre

Une réaction au consumérisme

Certaines sociétés consomment pour leur fonctionnement plus que d’autres ; les chiffres français de consommation énergétique sont une preuve de sa répartition inégalitaire. Nous vivons au détriment d’autres personnes. Les personnes qui choisissent la récup’ comme art de vivre sont nommées freegan.

“Le freeganisme (en anglais freeganism), ou gratuivorisme1, est un mode de vie alternatif qui consiste à consommer principalement ce qui est gratuit2 et végane3, à créer des réseaux d’entraide qui facilitent ce choix4 afin de dénoncer le gaspillage alimentaire et la pollution générées par les déchets5,6 mais aussi les problèmes de transports (transport écologique), du travail (réduction du temps de travail) et du logement (réquisition citoyenne) dans la société occidentale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Freeganisme

Le freegan choisit, indépendamment de son statut social et de ses richesses, de consommer des déchets : Invendus de magasins alimentaires, fouilles des poubelles pour s’habiller, récupérations d’objets. C’est une démarche militante et proactive de ceux qui ne supportent pas l’hyperconsommation et l’inégalité.

La consommation est affaire de besoins, l’hyperconsommation de désirs.

Imitation du modèle animal

Cette démarche est un appel à une vie frugale et opportuniste, telle la vie animale en milieu naturel : Dans un écosystème, la disponibilité des ressources est fluctuante (donc relativement incertaine), liée aux saisons et à la présence de concurrents entre autres. Chaque espèce détermine sa stratégie d’adaptation : l’ours hiberne au moment où ses ressources diminuent (stratégie de stockage interne), l’être humain sédentaire cultive à la belle saison et fabrique des conserves avec ses surplus (stratégie de stockage externe), certains oiseaux migrent (stratégie de fuite – que l’être humain nomade pratique), etc…

Mais récolter de l’énergie demande de l’énergie!

Ce principe poussent les êtres vivants à faire le minimum d’effort pour le maximum de résultats. On verrait donc un prédateur de savane tel le lion se prélasser à côté de ses proies s’il n’avait pas besoin de manger. Ses besoins sont comblés à l’instant présent, et son contexte lui évite d’avoir à stocker sa nourriture…

Là où je veux en venir, c’est que les déchets dans un écosystème humain sont une ressource comme une autre : elle va et vient, le freegan l’exploite donc au gré de sa disponibilité, et selon ses besoins. On retrouve la frugalité et l’opportunisme : on accepte humblement le manque d’une ressource, et l’on profite de sa présence pour l’exploiter.

Les 5R des freegan

Freegan : la récup’ comme art de vivre
source photo: http://project5r.in

L’économie circulaire obéit au principe physique de transfert d’énergie : à chaque changement d’état, une perte. L’économie circulaire tente de recycler des produits en nouvelles matières premières pour d’autres industries, par la fonte, le tri, le découpage (découper des pneus usagés permet d’en faire des aires de jeux pour enfant, etc.).

Ce système nécessite des processus pouvant être couteux : moyens de transports lourds, industries énergivores pour le traitement et la revalorisation des déchets, re-marketing…

A chaque problème ses solutions, notamment dans la gestion des déchets ; ces différentes solutions sont résumées par l’acronyme 5R : Refuser, réduire, réutiliser, réparer, recycler.

Exemple : une branche de platane élaguée pour l’entretien de voirie peut être :

  • Recyclée en broyat et sciure pour les écuries ou la fabrication de meubles…
  • Réutilisée en piquets de clôture.

La réutiliser sans la recycler est plus efficace énergétiquement. Moins de travail physique, plus de travail mental. Penser coûte moins cher que bouger, c’est une action potentiellement plus rentable. Exemple: réfléchir à un projet de construction avant de l’entreprendre est une évidence!

Cette démarche est un continuum : plus vous êtes à gauche (Refuser), moins vous consommez d’énergie au total, et vice versa. Mais trouver un nouvel usage à un objet ou une matière demande parfois beaucoup d’ingéniosité, obligeant à sortir du cadre habituel de la pensée: Think out of the box, disent les anglais (Penser hors du cadre). Il arrive qu’une nouvelle solution émerge et paraisse honteusement simple en comparaison d’un recyclage nécessitant toute une industrie. « Keep It Simple, Stupid ! »

Les ‘‘Réutiliser’‘ et ‘‘Recycler’‘ sont affaires d’ingénierie, les ‘‘Réduire’‘ et ‘‘Refuser’‘ sont d’ordre éthique ou économique.

Choisis ton camps, camarade! Freegan : la récup’ comme art de vivre !!!


1 : Nous disposons de 400 esclaves énergétiques environ pour nos activités (énergie totale consommée en équivalent énergie humaine), et nous consommons chaque année ce que la planète produit en 3 ans. Nous vivons donc à crédit énergétique chaque année et la mécanique est similaire à une gestion bancaire : on finit fauché, sans ressources.

2 : ‘‘Free’‘ signifie libre en anglais, ‘‘gan’‘ étant un suffixe désignant un régime par exemple : le ‘‘vegetarian’‘ se nourrit de végétaux, le ‘‘freegan’‘ se nourrit de gratuité.

3 : Remplacer un produit encore fonctionnel, posséder plusieurs objets ayant la même fonction sans intérêt précis…

4 : « Garde ça simple, idiot ! », l’acronyme original est KISS.

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