Un jardin en Permaculture 5 ans après (Vidéo)

Un jardin en Permaculture 5 ans après (Vidéo)

#30JoursPourYPenser Numéro 30

A quoi peut ressembler un jardin en permaculture? Retour d’expérience, conseils, et je l’espère des images qui vous plairont.

A propos de la série #30JoursPourYPenser

Pendant le confinement lié au Coronavirus : 30 jours, 30 articles, autours de la nature et de l’humain, pour comprendre et dessiner un monde durable et joyeux !

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Script de la vidéo

Bonjour à tous.

Cette vidéo, j'ai envie de vous la proposer depuis longtemps. On accueille assez peu le public ici, parce qu'on est dans une résidence privée, alors j'essaie de ne pas faire venir trop de personnes extérieures. Donc j'ai trouvé que vous le faire visiter et en même temps, faire une synthèse de la série 30JoursPourYPenser, c'était la p'tite cerise sur le gateau que j'ai pris 30 jours à confectionner!

J'ai souvent reçu beaucoup de commentaires sur ce jardin qui a bien évolué depuis ses débuts. Avec cette vidéo, j'espère répondre à quelques interrogations et en tout cas, vous faire plaisir avec de belles images, apporter un retour d'expérience sur ce qu'on a vécu ici depuis le début, soit 5 ans à peu près.

UN JARDIN "NATUREL"

La première chose qui saute aux yeux de la plupart des gens, c'est le côté "désorganisé" du jardin, en tout cas c'est l'impression qu'ils s'en font. Il y a beaucoup de végétation, parfois on a à peine la place de passer. On a différentes strates végétales, des arbres mélangées aux plantes potagères, avec des arbustes au milieu et on essaie de faire s'accrocher des plantes grimpantes aussi...

Souvent, ça a provoqué une sorte d'incompréhension. Vraiment, dans les débuts le jardin était un peu mal vu dans cette résidence, en tout cas de nombreux retours ne faisaient pas rêver...Mais j'avais l'intuition que c'était une façon adaptée de conduire un jardin. Le temps que les arbres poussent un peu, que la terre s'améliore, que la biodiversité revienne, c'était pas toujours facile, notamment avec les gestionnaires de la résidence. On a même faillit se faire éjecter un jour. Mais bon, ça ne s'est pas fait et aujourd'hui, je reçois plus de retours positifs, parfois même depuis l'extérieur de la résidence. ça veut dire que les habitants parlent de ça positivement autour d'eux.

LES DéBUTS

Au départ, c'était une création collective et non permaculturelle. On était simplement quelques voisins motivés, donc on s'est réunis, et on a commencé à poser ça sur le papier, puis au bout d'un moment, ça se mettait en place, avec l'accord de la résidence.
A force, on est passé de 5 - 6 participants à 2 ou 3. Dans le même temps, je découvrais la permaculture et je m'y suis formé. D'un jardin en carrés, on l'a fait évolué vers quelque chose d'un peu moins formel et rectiligne. D'ailleurs, j'ai rédigé un article à propos des lignes de désirs et des motifs de la nature, je vous laisse le lien en description de la vidéo, si vous voulez savoir pourquoi les permaculteurs évitent les lignes droites dès que possible.

LA DéMARCHE

Pour commencer, Il y a beaucoup d'arbres. Vu qu'on est en haut d'une crête : beaucoup de vent, le soleil de la méditerranée qui tape fort, un grand mur qui le réverbère, un accès à l'eau difficile...bref, on a bien besoin d'ombre! Sans parler des autres services que rend l'arbre. En fait, je pourrais pas assez insister sur la valeur qu'a un arbre dans un système comme celui-là. D'ailleurs, de nombreux permaculteurs de grande renommée militent pour reforester et accueillir les arbres dans nos systèmes agricoles. On m'en a donné, j'en ai semé, j'en ai acheté, et j'ai beaucoup jeté de noyaux et pépins du haut de ma terrasse, deux étages au dessus du jardin. Depuis quelques années on voit les pêchers, abricotiers et autres fruitiers du genre germer et pousser de partout, sans compter les autres arbres...Je pense qu'à terme, on aura une densité d'arbre trop importante, mais c'était la position de départ : pour l'instant on a plus besoin de nourriture et d'ombre que de soleil direct, alors avant qu'on aie plus assez de luminosité, on a encore une décennie devant nous...

On a une zone centrale avec des planches de cultures plutôt conventionnelles, où on essaie de n'associer que de deux ou trois cultures au maximum, pour ne pas trop compliquer la gestion. On désherbe ces zones du mieux possible, pour pouvoir compter sur des récoltes précises.

Mais ça, c'est assez récent. En fait, j'ai commencé en mélangeant tout, dans tous les sens; en recherchant la densité et la diversité. Dans un premier temps, j'ai beaucoup plus travaillé pour le sol et la biodiversité que pour les plantes, et j'ai l'impression que ça paye en terme de santé et de productivité, même si au début je produisais très peu en comparaison avec du jardinage classique. 

Au final, le jardinage selon la permaculture, c'est plus une démarche à s'approprier qu'une solution clé en main. Bref, dans la configuration de départ où je mélangeais tout, je me faisais dépasser régulièrement par la végétation, alors j'ai fais évoluer le système.
J'ai d'autres zones pour entretenir la biodiversité maintenant.
ça fonctionne en trois pôles : l'intensif au milieu, dont je viens de vous parler, le synécologique au sud, ou je sélectionne les plantes choisies tout en laissant de la place aux autres, je fais des désherbages très sélectifs et presque jamais d'arrachage. Le sol y est couvert tout le temps.
Et la troisième zone, c'est une couronne de biodiversité qui est semi-cultivée, à terme elle nous protégera mieux du vent, tout en étant un habitat à l'année pour toute la faune et la flore, qui participe à la résilience de l'écosystème. A ce jour, il y a peu de plantes malades, en général moins que dans la plupart des autres jardins "classiques". Quand ils me disent que tel ou tel légume ne fonctionne pas cette année, je n'ai pas l'impression que ça soit le cas pour moi. En même temps, même si la recherche scientifique démontre assez bien cette démarche aujourd'hui, à mon niveau ça reste une impression plus qu'un fait objectif.

Au niveau du travail, les outils et le travail sont mutualisés quand il y a du monde ; par le biais de notre association, on a une serre partagée qui permet de fournir 70% à 80% de nos plants. Ici on a aussi un coin pépinière, et en plus on profite des microclimats de nos terrasses en béton, qui accumule de la chaleur, pour lancer des semis. Le fait de pouvoir compter sur d'autres personnes pour gérer les semis, c'est un vrai plus.

On a 4 cuves de mille litres, dont une est reliée à une descente de gouttière. La toiture du bâtiment fait 300m² environ, c'est plutôt intéressant. Mais pour autant, c'est clairement insuffisant. Et vu qu'on a pas le droit de faire des travaux plus sérieux pour augmenter les capacités de stockage, on doit vraiment s'adapter à la saison chaude...C'est un facteur limitant ici, comme dans toute la région de toute façon. Et le cadre fait qu'on ne peut pas faire ce qu'on veut pour améliorer ça, pas de mare, pas de cuves de grande capacité...On met des oyas quand on peut, on couvre bien le sol, et on se dit même que vu l'ensoleillement de la région, ne rien cultiver en Juillet - Aout pourrait valoir le coup.

Alors bon, on survit l'été, ce qui fait qu'on reçoit plus de commentaires négatifs l'été que les autres saisons. ça serait un des premiers retours que je ferais sur notre expérience ici : quel est le degré de collaboration entre toutes les parties prenantes? Des fois, on a un peu eu l'impression de se battre contre des moulins pour ce projet. Alors que dans un autre lieu, on aurait peut-être eu des personnes beaucoup, beaucoup plus motivées. Donc, d'abord commencer par essayer d'avoir un point d'eau sûr et s'assurer que le propriétaire ne vous tolère pas juste pour vous faire plaisir, mais qu'il est animé lui-même par la démarche! Dit comme ça, ça parait tellement évident...qu'on l'a pas fait au début!

Un dernier point de la démarche entreprise ici, c'est la place accordée aux plantes sauvages, qu'on appelle adventices. Je me suis rendu compte qu'elles portaient faussement le nom de "mauvaises herbes", alors qu'une bonne moitié était comestible dans le jardin! En plus de multiplier les ressources pour la faune locale, qui contribue ensuite à l'équilibre du jardin, ça donne une nourriture de meilleure qualité nutritive en général que les plantes cultivées, et ça ne demande aucun travail! C'est hyper important de le garder en tête ça, meilleure qualité, pour moins de travail. N'importe quel chef d'entreprise court vers une solution qui est plus rentable comme celle-là! Même si ça nécessite un investissement, un apprentissage, je pense que c'est une démarche qui sert tout le monde. La nature s'épanouit, l'humain en récolte les fruits, sans s'épuiser. Et on sèche aussi les plantes avec un séchoir solaire. Une plante qui dépasse dans une allée, hop, coupe-coupe et direction le séchoir. Avec le temps, faire en sorte que le plus de mouvements possibles soient une récolte, c'est un idéal que j'ai envie d'atteindre.

FERTILITé ET RESSOURCES

Au départ, on avait une sorte de gazon qui poussait sur une terre plus ou moins de remblais. D'un point de vue de la fertilité, ça n'était pas ce qu'on peut appeler une terre maraîchère. Bon, j'ai choisis plusieurs solutions, mais j'étais assez limité dans le sens où je n'ai utilisé pratiquement qu'un vélo cargo pour tout transporter. Petit à petit, je récupérais des aiguilles de pin dans mon quartier, de la tonte dans la résidence, des déchets d'élaguage, du marc de café dans des commerces voisins, du compost grâce au composteur collectif qu'on a installé dans la résidence, et aussi mes toilettes sèches, jusqu'à fertiliser à l'urine (j'ai aussi une vidéo à ce sujet ainsi qu'un article, je laisse les liens en description). On couvre pratiquement toute l'année toutes les cultures du jardin, et quand on a suffisamment de biomasse on couvre les allées, ça fait du compost sur place, et ça limite le désherbage des allées!

CONCLUSION

Si je devais aller à l'essentiel pour ce jardin, je pense au fait d'accorder de la confiance et du temps à la nature, et à garder la confiance malgré la pression des autres. On le sait, la nature crée l'abondance sans qu'on aie à intervenir, c'est même en intervenant pas qu'elle s'exprimer le mieux en quelque sorte. Mais elle a son propre rythme, et clairement, on a pas le même. En plus, on atteint les limites de ce que notre planète peut fournir comme ressources, et en parler, ça suscite la controverse. Je crains que les humains aient des difficultés à comprendre la même chose au même moment, surtout vu la quantité gigantesque d'informations disponible...Puis il y a toutes les mécaniques de biais, de dénis qui se mettent en place. Et toi t'es là, au milieu, à te dire qu'avoir confiance dans les capacités de la nature va nous sauver...j'ai beaucoup et souvent douté, mais aujourd'hui, je vois ce jardin et me dis que ça en valait la peine, et qu'il n'y a plus qu'à continuer à faire confiance, jour après jour.

Bref, pour résumer : on sait qu'il est nécessaire de changer des choses dans notre mode de vie, que se mettre au diapason, ça prend du temps, et que la nature a son propre rythme qu'on a tout intérêt à respecter. Pas de chance en plus, ce rythme est très différent du notre. 
Donc, le point majeur, je dirais...patience et compréhension. Par bonheur, on peut cultiver cet état d'esprit, alors je vous souhaite du bon temps à méditer là-dessus! Ciao Ciao.
Rafraîchir sans climatisation : s’inspirer de la nature

Rafraîchir sans climatisation : s’inspirer de la nature

Les êtres vivants n’ont pas attendu la climatisation pour se rafraîchir. Voici quelques principes physiques et exemples, pour s’inspirer de la nature.


Les principes physiques

Petit aparté : j’ai tenté d’expliquer les principes ci-dessous le plus simplement que je puisse, et en l’état de mes connaissances. Comprendre ces principes aident à appréhender plus clairement comment les exemples que je vais vous présenter ensuite fonctionnent, et comment les appliquer au quotidien.

Transferts thermiques

Ces 3 principes de transfert thermique sont une base aidant l’appréhension de nombreuses questions, dont celle qui nous intéresse aujourd’hui. Ils expliquent comment la chaleur se transmet d’un corps à un autre.

pieds nus sur du bois : effet de conduction

La conduction concerne les solides1. Quand nous touchons un objet et le trouvons chaud ou froid, il s’agit de cela.

exemple d'effet de convection : la tornade

La convection concerne les fluides. L’air ou l’eau échange de la chaleur au contact d’un solide et circule en transportant cette énergie (souffler sur quelque chose pour refroidir, mais aussi le chauffe-eau solaire par thermosiphon).

exemple de rayonnement électromagnétique : le soleil

Le rayonnement, pour finir, est de nature électromagnétique; le soleil ou le feu en sont des exemples. Chaque corps récepteur captera plus ou moins de ce rayonnement sous forme de chaleur.

Évaporation

L’eau à l’état liquide, quand elle s’évapore, absorbe une partie de la chaleur environnante. C’est pour ça que transpirer régule notre température corporelle. Si nous transpirons quand nous buvons ou mangeons quelque chose de plus chaud que notre température interne, c’est donc pour éviter la surchauffe.

Compression et capacité de stockage calorifique de l’air

Essayez de souffler la bouche grande ouverte, puis refermer progressivement la bouche. Vous devriez ressentir l’air de plus en plus frais.

En réalité, le même volume d’air s’évacue quelque soit l’ouverture de la bouche, mais la pression et la vitesse augmentent :

  • La pression comprime d’abord l’air, qui ensuite se détend en sortant de notre bouche : l’air se refroidit.
  • La vitesse plus élevée et le plus petit diamètre fait que (en quelque sorte) plus d’air emporte de la chaleur du point de ressenti, en vertu du principe de convection thermique discuté plus haut!

Attention : concernant le principe ci-dessus, il peut plutôt s’agir d’une sensation que d’une variation significative de la température. Mais après tout, la sensation compte pour beaucoup.

Absorption (optique)

Selon la couleur (et donc la fréquence) de l’objet qui reçoit le rayonnement dont nous avons parlé plus haut, plus ou moins de ce rayonnement est converti en chaleur. Cette expérience ludique pour enfants démontre ce que nous savons depuis longtemps : quand c’est noir, ça absorbe beaucoup, donc ça chauffe. Quand c’est blanc, ça n’absorbe que très peu, donc ça ne chauffe que très peu. Par exemple :

  • Notre four solaire repose sur ce principe : le rayonnement solaire est focalisé à l’aide de miroirs sur une marmite de couleur…noire
  • Nombreuses sont les régions du pourtour méditerranéen dont les maison sont peintes en…blanc!

A présent, voici plusieurs applications concrètes de ces principes.


Les êtres vivants savent rafraîchir sans climatisation

Les termitières : l’ingénierie climatique dans les gènes

Les termites font figure en biomimétisme. Elles ont inspiré l’architecture de bâtiments tel le Eastgate Building, conçu par Mick Pearce. Des bâtiments comme celui-ci sont en mesure d’obtenir des températures quasi-constantes toute l’année, avec peu ou pas d’énergie…

Les termites sont les meilleures pour rafraîchir sans climatisation.

Vue en coupe d’une termitière. Les termites créent des cheminées et de multiples orifices aériens et souterrains. Ce faisant, elle peuvent réguler par convection la température de l’habitat.

une termitière vue de dehors
Termitières vu de l’extérieur. Photographie Ray Norris (licence CC 3.0)
puits canadien pour rafraîchir sans climatisation

En habitat humain, un exemple bien moins élaboré mais néanmoins fonctionnel me vient à l’esprit : le puits canadien. L’air extérieur est aspiré dans la maison tout en se rafraichissant à travers une canalisation souterraine (convection)

Les zèbres

Les zèbres pourraient avoir des motifs noirs et blancs pour favoriser la convection, l’alternance du noir et du blanc créant des micro-turbulences en raison de leurs différences de potentiel d’absorption optique. Néanmoins, je n’ai pas fouillé dans la littérature scientifique et invite donc à la prudence quand à cette information.

Les humains

Ici, tout dépendra bien sûr de la région, des ressources à disposition, mais la chose a retenir est que tous les principes physiques évoqués dans le présent article peuvent, en utilisation séparée ou conjointe, mener à de bons résultats.

Boire chaud

En effet, si contre-intuitif que ça puisse paraître, cette augmentation de la température permet de transpirer, et d’enclencher des sensations de fraicheur.

Arroser les murs et objets

Arroser sa terrasse et ses murs, j’ai déjà entendu parler de cela par des anciens qui le faisaient. Pour cause, l’évaporation de l’eau rafraîchit la surface traitée. En mouillant le sol intérieur (évaporation) et en favorisant des courants d’air (convection), on peut réduire à nouveau la température intérieure.

Des vêtements amples et foncés

De nombreuses populations des déserts s’habillent en “robe”, hommes comme femmes.

Les vêtements amples favorisent la ventilation (convection), et limitent le contact de la peau avec le vêtement chaud (conduction). Il est dit que dans certaines cultures, des chemises claires seraient portées avant d’ajouter la robe foncée, pour encore accentuer la convection et limiter la conduction.


En conclusion

Pour rafraîchir sans climatisation, la diversité des espèces laisse présager du nombre de stratégies encore inconnues de l’Humain. Notre survie dépend entre autres de notre capacité à nous protéger des chaleurs, et je regrette que l’on se tire une balle dans le pied (sous-entendu “survie de long terme”) en surconsommant afin d’alimenter des climatisations2. Malgré ce, nous avons déjà développé de nombreuses méthodes afin d’améliorer notre confort thermique, et j’espère que ces quelques lignes vous auront inspiré de nouvelles idées pour rafraichir sans climatisation!

En attendant, cet été j’essaie d’humidifier un hamac situé sur ma terrasse (que j’aurais mouillé aussi), afin de cumuler les différents principes énoncés ici. évaporation, convection, faible conduction…


A propos de la série #30JoursPourYPenser

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  1. pour s’en rappeler, pensons aux matériaux conducteurs []
  2. Je reconnais néanmoins l’aide qu’elle peut apporter aux plus fragiles d’entre nous []
Biais cognitifs : sommes-nous condamnés au conflit?

Biais cognitifs : sommes-nous condamnés au conflit?

Notre cerveau est truffé de biais cognitifs. Très performant, il compte néanmoins des failles favorisant les conflits. Mais, peut-on réparer ces failles? Bienvenu dans cet article qui pourrait à mal vos préjugés positifs sur l’humanité!

Les biais cognitifs en bref

Pléthore d’articles ayant déjà traité cette question, je ne rentrerais pas dans les détails. Pour faire simple néanmoins : de nombreuses théories et expérimentations ont été menées concernant des failles logiques de notre cerveau. Ce sont ces fameux biais cognitifs! On en dénombre environ 250, certains travaux confirmant expérimentalement ces biais ont mené à l’obtention d’un prix Nobel d’économie, tout de même1 ; l’article Wikipedia est une porte d’entrée si vous souhaitez en savoir plus.

Le but de ma recherche sur les biais cognitif peut se résumer comme suit : existent-ils des biais favorisant l’émergence de conflits? Quels sont ceux les plus évidents et directs sur la mécanique des conflits? Peut-on prévenir les conflits en comprenant mieux ces biais?

Structure du présent article

Afin de faciliter la lecture, le présent articles catégorise et décrit différents biais cognitifs en suivant la structure suivante :

  1. Catégorie d’appartenance du biais
  2. Biais, sa description et sa source
  3. Pourquoi cela peut faciliter les conflits

Les descriptions des biais sont le reflet du Codex des biais cognitifs 2016 et ne sont pas de mon fait. Mon apport est de déterminer l’influence possible en terme de conflits potentiels.

Mise en garde : attention au nihilisme

Les propos du présent article n’ont pas pour but de rendre sceptique face à la nature humaine, ou pire à forcer le nihilisme. Notre fonctionnement rationnel est en partie biaisé, c’est un fait. Et d’un point de vue évolutif, cela trouve ses raisons. Donc, je vous invite à ne pas voir le mal dans ce qui va suivre, à lire sans jugement de valeur.


Sélection de biais cognitifs facilitant les conflits

Nous portons plus de poids à une information qui confirme nos croyances.

Biais de confirmation

Le biais de confirmation, également dénommé biais de confirmation d’hypothèse, désigne le biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses (sans considération pour la véracité de ces informations) et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses jouant en défaveur de ses conceptions. En conséquence, les personnes sujettes à ce biais rassemblent des éléments ou se rappellent les informations mémorisées, de manière sélective, et les interprètent d’une manière biaisée. On dit aussi que les personnes « tirent la réalité » à elles.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation

Nous ne sommes pas naturellement impartiaux.

Perception sélective

La perception sélective décrit comment nous classons et interprétons l’information sensorielle d’une façon qui favorise une catégorie ou une interprétation plutôt qu’une autre. En d’autres termes, la perception sélective est une forme de partialité parce que nous interprétons l’information d’une manière qui est conforme à nos valeurs et convictions.

Source : http://www.blog-psychologue.fr/article-la-perception-selective-69237414.html

Nous avons tendance à chercher la confirmation partout, à travers la crédibilité d’une profession, le charisme de quelqu’un, nos propres croyances pré-établies.

Validation subjective

La validation subjective consiste à valider une information – une phrase, un mot, une initiale ou un signe – parce que quelqu’un est capable de le trouver signifiant et significatif pour lui-même. La validation subjective est un élément essentiel de toute lecture froide réussie, qu’elle soit faite par un astrologue, un chiromancien, un cartomancien, un médium ou tout autre du genre. Le client dans une telle séance doit coopérer. Heureusement pour le médium, la plupart de leurs clients sont généralement désireux que le médium réussisse et sont prêts à travailler fort pour donner un sens personnel à tout ce que le médium leur dira. Dans une lecture froide réussie, le client sera convaincu que l’exactitude des données fournies n’est pas due à sa coopération mais au pouvoir de l’astrologie, de la chiromancie, du tarot, etc.

Source : http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/subjectivevalidation.html

Réflexe de Semmelweis

Le réflexe Semmelweis ou effet Semmelweis est une métaphore qui désigne la tendance à rejeter de nouvelles données ou de nouveaux savoirs car ils contredisent les normes, croyances ou paradigmes établis.

​Source : https://jcdurbant.wordpress.com/2011/08/23/vous-avez-dit-reflexe-de-semmelweis-rediscovering-a-flawed-pioneer-of-patient-safety/

Nous croyons que le monde est juste, qu’il y a des gentils à féliciter et des méchants à blâmer, et nous catégorisons les personnes sur la base de nos croyances.

Croyance en un monde juste

La croyance en un monde juste, ou hypothèse du monde juste, est un biais cognitif originellement décrit par le psychologue social Melvin J. Lerner (en), suivant laquelle on obtient ce qu’on mérite ou mérite ce qu’on obtient. Selon cette croyance, toute noble action d’une personne doit nécessairement et justement tendre à lui être bénéfique, tandis que toute action mauvaise tend à lui nuire. Autrement dit, l’hypothèse du monde juste est la tendance à considérer des événements produits ou attendus comme les conséquences d’une force universelle restaurant l’équilibre moral. Cette croyance implique généralement l’existence d’une force métaphysique : équilibre ou justice cosmique, destin, providence, etc. Elle peut aisément être la cause de sophismes, de rationalisation comme le blâme de la victime pour son propre malheur.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Croyance_en_un_monde_juste

​Catégorisation sociale

Le mécanisme de catégorisation sociale consiste à classer et donc à regrouper au sein de catégories, des individus ou des groupes en accentuant les ressemblances intra-catégorielles (biais d’assimilation) et les différences inter-catégorielles (biais de contraste). Ce mécanisme permet de simplifier la réalité sociale, de la structurer et donc de mieux la comprendre. Ainsi, selon Tajfel la catégorisation sociale se définit comme « un système d’orientation qui crée et définit la place particulière d’un individu dans la société ». Les stéréotypes sont à la base de la catégorisation car bien souvent les traits censés être caractéristiques d’une catégorie sont issus des stéréotypes qui sont véhiculés, à propos de cette catégorie.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorisation_sociale

Fixité fonctionnelle

La fixité fonctionnelle résulte du fait que les idées préconçues, que nous avons de l’usage ou de la fonction des choses, nous empêchent souvent d’utiliser ces dernières à d’autres fins. C’est, par exemple, le cas de la personne qui veut resserrer une vis mais qui, n’ayant pas de tournevis sous la main, ne pense pas à utiliser la pointe du couteau qui se trouve sur la table.

Source

Effet de compensation morale

La réalisation d’un acte individuel moralement valorisable peut donner lieu à la légitimation (généralement inconsciente) d’un acte moralement moins valorisable par la suite. Autrement dit, et tel que présenté par Monin et Miller [2001], une fois qu’un individu a démontré ses valeurs morales, vis-à-vis de lui-même ou de la société, il sera plus enclin à les enfreindre ultérieurement.

Source : https://www.cairn.info/revue-economique-2014-3-page-557.htm

Nous accordons une valeur excessive à ce que nous connaissons déjà, et vice versa.

Dévaluation réactive

La dévaluation réactive est un biais cognitif qui se produit lorsqu’une proposition est dévaluée si elle provient d’un antagoniste. Ce biais a été suggéré par Lee Ross et Constance Stillinger (1988). La dévaluation réactive pourrait être causée par une aversion à la perte, une polarisation d’attitude, ou un réalisme naïf.

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Reactive_devaluation


Effet de positivité

L’effet de positivité fait référence à la tendance, lorsque l’on évalue les causes des comportements d’une personne appréciée ou préférée, à attribuer aux dispositions inhérentes à la personne ses comportements positifs et à des causes situationnelles ses comportements négatifs.

Source : http://www.wikiwand.com/en/Positivity_effect

Notre perception de nous-même et d’autrui est biaisée (pire, nous croyons que non).

Illusion de transparence

L’illusion de la transparence est la tendance à surestimer le degré de connaissance qu’ont les autres de notre état mental. Une autre manifestation de l’illusion de la transparence (parfois appelée illusion de transparence de l’observateur) est une tendance à surestimer notre compréhension des états mentaux des autres personnes.

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Illusion_of_transparency

Illusion de connaissance asymétrique

Selon Pronin et al. (2001) le biais de l’illusion de la connaissance asymétrique consiste à être convaincu de sa propre perspicacité à deviner les autres tout en étant assuré de son opacité au regard d’autrui. Cette illusion de la connaissance d’autrui n’est pas sans conséquence dans les situations conflictuelles.

Source

Erreur de la motivation extrinsèque

L’erreur de la motivation extrinsèque est un biais attributif selon lequel les gens attribuent relativement plus de poids aux «motivations extrinsèques» (comme les récompenses monétaires) qu’aux « motivations intrinsèques » (comme l’apprentissage de nouvelles compétences) lorsqu’ils considèrent les motivations d’autrui plutôt que les leurs.

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Extrinsic_incentives_bias

Nous accordons plus de poids aux récompenses extérieures qu’à la motivation intérieure, ce qui nous dévie de nos aspirations profondes.

Biais d’attribution de traits

Le biais d’attribution de traits est la tendance à se considérer soi-même comme relativement changeant en termes de personnalité, de comportement et d’humeur tout en considérant les autres comme beaucoup plus prévisibles dans leurs traits de personnalité dans différentes situations. Plus spécifiquement, c’est une tendance à décrire son propre comportement en termes de facteurs situationnels tout en préférant décrire le comportement d’autrui en lui attribuant des dispositions fixes de personnalité.

Source : http://www.wikiwand.com/en/Trait_ascription_bias

Effet de troisième personne

L’hypothèse de l’effet de troisième personne prédit que les gens ont tendance à croire que les messages des médias de masse ont un effet plus important sur les autres que sur eux-mêmes, sur la base de biais personnels. En raison de cette perception, les gens ont tendance à prendre des mesures pour contrer l’influence de ces messages. L’effet de troisième personne se manifeste par la surestimation par un
individu de l’effet d’un message médiatique sur un « autre » généralisé, ou par une sous-estimation de l’effet du message sur lui-même.

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Third-person_effect

Nous nous croyons plus résistant aux influences que nous le sommes.

Biais de retenue

Le biais de retenue est la tendance des gens à surestimer leur capacité à contrôler un comportement impulsif. Une confiance exagérée en son propre self-contrôle peut conduire à une plus grande exposition à la tentation, et à une impulsivité accrue. Par conséquent, le biais de retenue a une incidence sur l’addiction. Par exemple, une personne pourrait expérimenter des drogues, simplement parce qu’elle se croit capable de résister à toute dépendance potentielle.​

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Restraint_bias

Biais de projection sociale

Projection sur (ou attribution à) autrui de nos propres croyances, opinions et visions de la réalité.

Source

Nous projetons un passé sur le présent, mais nos souvenirs sont imparfaits.

Biais des souvenirs en rose

Le biais des souvenirs en rose (rosy retrospection) fait référence à la découverte du fait que les individus évaluent plus positivement les événements bien après qu’ils se soient produits, qu’ils ne les ont évalués immédiatement après qu’ils se soient produits, comme une réminiscence de la phrase latine « memoria praeteritorum bonorum » (« souvenir du bon vieux temps »). L’effet semble être plus fort avec des événements modérément agréables, ce qui est généralement expliqué par le fait que les ennuis et déplaisirs mineurs s’effacent de la mémoire bien plus rapidement que les situations positives.

Source : http://www.wikiwand.com/en/Rosy_retrospection

Nous évaluons les choses à posteriori, oubliant alors partiellement le passé.

Biais du résultat

Tendance à évaluer des décisions d’après leur résultat – et non sur la base du processus décisionnel d’alors. Un biais cognitif également appelé biais des historiens.

Source

Le cerveau traite la majeur partie des informations nous parvenant de manière inconsciente; autrement dit, en arrière plan de la conscience2.

Effet de victime identifiable

Notre empathie se dirige naturellement vers ceux qui nous sont proches géographiquement, ethniquement, culturellement. Plus généralement, nous éprouvons plus d’empathie quand nous pouvons nous identifier à une victime ; et pour s’identifier à elle, qu’elle soit identifiable nous aide.

Source

Facilitateurs de conflits

Il apparait que tout ce qui distord notre perception de la réalité, tout en nous confortant dans l’idée que la réalité est ce que nous voyons, nous mène vers de potentiels conflits. Car ces biais œuvrent à travers l’esprit rationnel, nous poussant vers la discrimination, sur- ou sous-valorisation d’autrui, etc. Les stéréotypes raciaux et tout autre raccourci (tel l’idée selon laquelle untel a tel ou tel défaut ou qualité) sont, pour le meilleur et pour le pire, des résultantes de ces biais.

Peut-on éviter ces biais cognitifs?

Les expérimentations ont démontré que…non. Tout simplement. Au niveau individuel! En revanche, au niveau collectif, il existe déjà des systèmes tendant à limiter les effets indésirables de ces biais; c’est le cas notamment des comités de lecture dans la recherche, ou de certains exercices d’intelligence collective comme les 6 chapeaux. Il semblerait que la recherche soit active dans ce domaine.

De la lecture du présent article, ressortent quelques points cruciaux:

  • Nous sommes à peu près tous biaisés d’une façon relativement similaire
  • Nous avons tendance à croire que nous ne le sommes pas mais que les autres le sont
  • Nous ne pouvons éviter ces biais cognitifs malgré la conscience que ces derniers existent

De manière générale, beaucoup des biais présentés ici peuvent mener à entretenir des prophéties auto-réalisatrices en figeant ou distordant notre vision du monde. Mais peut-on éviter d’en souffrir? Et si oui, comment?

Pistes pour atténuer les effets indésirables des biais cognitifs

Exprimer des sentiments, rester personnel

Je crois que les conflits existent entre autre parce que nous accordons une valeur disproportionnée à des pans de notre expérience que la science reconnaît aujourd’hui comme des biais, et que les mots et intentions ont une importance dans notre façon de communiquer les choses à autrui. J’en parlais dans un article précédent portant sur les relations humaines

Lire l’article “4 astuces pour améliorer sa relation aux autres

En substance, j’y disais qu’à mon sens, raison et émotion peinent à se partager en même temps le devant de la conscience. Or, il apparait que les biais dont nous avons parlé semblent plutôt liés à la raison. Cela semble une bonne nouvelle : en exprimant ses sentiments, on peut communiquer sans pour autant projeter une perception erronée du monde sur autrui. “Je me sens frustré et déçu parce que j’ai besoin de considération” ne veut pas dire que l’antagoniste est responsable de quoi que ce soit. Autrement dit, une introspection à la recherche du sentiment, comme un indicateur de notre état actuel, pourrait tendre à réduire non l’effet du biais, mais plutôt la consistance que nous lui donnons.

Certes, le sentiment émergeant est amené par l’intellect, qui a lui-même subit la distorsion. Pour autant, son expression est ancrée dans le présent, et n’accorde pas un poids démesuré à l’extérieur. Quelle que soit la réalité qui a provoqué le sentiment, il est simplement ce qu’il est, et appelle un besoin à satisfaire, dans le présent.

Être objectif n’est possible qu’au présent

Quand on dit “tu es bordélique, tu es têtu, tu es généreux”, nous ne pouvons l’affirmer que sur la base de croyances passées. De plus, si cela était objectif, n’importe quel humain de la terre pourrait dire la même chose. Or, les caractères que nous prêtons à chacun sont le résultat d’une cristallisation dans notre esprit d’un tas de fait objectifs que nous avons progressivement synthétisé en une croyance. Je le crois dur comme fer, personne ne nait avec des traits de caractère immuables; ces derniers ne sont que des croyances limitantes, des étiquettes de fausse réalité que nous collons sur les personnes, freinant de ce fait toute évolution non dirigée de la personne. Au contraire, à cause des biais précités, nous aurons tendance à attribuer à tel ou tel caractère l’action de l’autre, et à se conforter dans l’idée selon laquelle “mon fils est bordélique, y a rien à faire!”.

Donc, prenons le problème à l’envers et tâchons d’atteindre l’objectivité :

SubjectifObjectif
Le PSG est une équipe de loosers.Le PSG a perdu ses quatres derniers matchs.
Les décisions d’untel sont dangereuses pour l’avenir de notre belle ville.Je ne partage pas les décision d’untel et crois qu’elles sont dangereuses3.
On va jamais y arriver, on a jamais été d’accord là-dessus.Nous ne semblons pas d’accord là-dessus.
Tu es une personnes têtue.Je ne me souviens pas que nous ayons été ne serait-ce que quelques fois d’accord sur un sujet sans le débattre.
Quel bazar ici, la personne en charge du rangement n’est pas très organisée!Ici, je vois des objets sortis de leurs placards, de la vaisselle non lavée et j’ai du mal à m’y retrouver4.

On réagit souvent à ce type de phrases par un certain agacement et parfois la fameuse phrase “c’est trop compliqué”. Mais personnellement, si je vois une option en laquelle j’ai espoir d’un mieux avec des risques minimes, je prend. L’objectivité, si difficile soit-elle à atteindre parfois, ne peut froisser autrui5, elle est une voie hors des concepts humains, le lieu de la Rencontre possible entre humains.

Se créer des “phrases repères” (ou mantras)

Il est évident que si nous ne pouvons pas empêcher ces biais de distordre notre perception des choses, nous pouvons nous rassurer en se disant que connaître ces biais est déjà mieux que rien. C’est un pas vers cette célèbre sentence :

Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien.

Attribué à Socrate, écrit par Platon

Tout comme la méditation aide à cultiver certaines dispositions de l’esprit (calme mental, compassion, etc.), quelques phrases repères peuvent aider à garder à l’esprit cette imperfection qui nous caractérise, et cultiver l’indulgence. J’aime assez me dire que “tout le monde fait de son mieux”, que “tout le monde rejette la souffrance et aspire au bonheur”, que “être heureux est plus important que d’avoir raison”.

Les pensées et les mots ont du pouvoir sur notre réalité

Si vous objectez cette proposition des phrases-clés parce que vous la trouvez tirée par les cheveux ou “new age”, sachez que nombres d’expériences ont démontré des processus de co-activation mnésique6 pour reprendre Michel Desmurget7. Vous savez, ces biais qui font que nous trouvons le vin meilleur quand il est plus cher8, que nous préférons le goût du Pepsi sauf quand l’étiquette Coca-Cola est apposée9, et que nos propres a priori sur des stéréotype raciaux peuvent modifier nos performances académiques10. On pourrait continuer très longtemps, mais cela tend simplement à prouver le pouvoir itératif des mots et des images. Ce qui se répète (ou que l’on répète) s’ancre en nous.

Pour conclure : sommes-nous condamnés au conflit à cause de nos cerveaux?

A la lumière de ce qui est décrit ici, on pourrait simplement arguer que oui. Pour nuancer les choses, disons que nous sommes condamnés à l’imperfection de la raison, mais que nous avons des lunettes pour voir ces phénomènes cachés. Quelques dispositions intérieures que nous avons décrites, je l’espère, pourra nous aider à garder en lumière ces biais cognitifs :

  • Exprimer des sentiments, rester personnel
  • Rester au présent pour atteindre l’objectivité
  • Se créer des “phrases repères” (ou mantras)
  • J’ajouterais ici “sonder nos intentions” (inutile d’éviter les biais si nous souhaitons manipuler les autres…)

Espérons que cela nous guide en direction de la Rencontre de l’autre, au delà des concepts biaisées avec lesquelles nous forgeons ce que nous appelons faussement réalité.

Que ce que j’écris ici puisse être un jour utile à d’autres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables, de l’agonie à laquelle je suis condamné…

Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo

Bibliographie et ressources


A propos de la série #30JoursPourYPenser

Pendant le confinement lié au Coronavirus : 30 jours, 30 articles, autour de la nature et de l’humain, pour comprendre et dessiner un monde durable et joyeux !

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  1. en 2002, Daniel Kanheman []
  2. La biologie nous dit que les êtres vivants tentent de satisfaire leurs besoins en minimisant leur dépense énergétique. Ainsi, il est plus aisé de valoriser ce qui nous conforte rapidement dans des croyances pré-établies, de même que tout ce que nous avons déjà identifié auparavant est plus aisé à réitérer mentalement – ce qui nous fait tendre à réifier toute chose, par extension []
  3. exemple intéressant. Ici, on utilise toujours un adjectif, “dangereuses”, mais en indiquant notre croyance personnelle. Autrement dit, on indique avec objectivité notre subjectivité. Dans le monde de la communication, tout le monde n’est pas d’accord sur ce sujet, certains déconseillent de procéder ainsi et invitent à se focaliser uniquement sur l’objectif. Je crois que parfois il est enrichissant pour une situation que les apports subjectifs soient faits, en toute transparence []
  4. pourquoi devrait-on en déduire que la personne en charge est désorganisée?! []
  5. il s’avère que malgré l’objectivité, certaines personnes réagissent avec colère, vexation à ce que l’on présente. Il est bien possible que si le sujet est touchant émotionnellement, l’interlocuteur voit une critique alors que vous avez décrit des faits. Restons vigilant à ces réactions pour pouvoir guider la personne vers le fait que nous avons été ou essayons d’être objectif []
  6. une sorte d’association s’opérant dans notre cerveau entre deux mots, concept, état d’esprit etc., à notre insu []
  7. La fabrique du crétin digital, éditions du Seuil, Septembre 2019, ISBN 978-2-02-142331-0 []
  8. Plassmann H. et al., “Marketing actions can modulate neural representations of experienced pleasantness, Proc Natl Acad Sci USA, 105, 2008 []
  9. Keinigs M. et al., “Prefrontal cortex damages abolishes brand-cued changes in cola preference”, Soc Cogn Affect Neurosci, 3, 2008 []
  10. Shih M. et al., “Stereotype susceptibility” Psychol Sci, 10, 1999 []
Peut-on rendre la tomate vivace?

Peut-on rendre la tomate vivace?

L’année dernière, j’ai mangé une tomate de mon jardin en Février. On était encore en hiver, je n’avais pas de serre…tomate vivace, vous pensez? Découvrir cette tomate toute rouge au milieu de mon jardin était enthousiasmant, mais aussi surprenant! J’ai essayé de comprendre.


Alors, déjà, je vis dans le sud (Béziers, Hérault), et ce jardin partagé est situé en haut de pente. Il est exposé au vent et profite en partie d’un grand mur blanc au sud. Globalement, il y a peu ou pas de gelée.

Mais j’ai pensé que ces seules paramètres n’étaient pas suffisant, d’autant plus que cette année, plusieurs pieds de piment et physalis ont eux aussi passé l’hiver, et on bien tenu. Pour être plus précis, leur parties aériennes n’ont pas disparu, les premières fleurs de Physalis (pieds planté à l’automne) sont apparues en Février cette année, et j’ai cueilli des piments mûrs et des “verts” sur pied, en Février aussi. Bref, j’ai du piment et de la tomate vivace.

Pour cet article, je vais prendre la tomate pour exemple principal, mais la logique s’applique à toute plante cultivée.


Est-ce si simple d’avoir de la tomate vivace?

Tentons de mieux comprendre pourquoi ces plantes dites annuelles sont devenues vivaces. et avant tout, il convient d’expliquer la base : une plante annuelle fait son cycle de reproduction en un an, ou plutôt un cycle. Autrement dit, en un cycle saisonnier (plus ou moins long selon la plante), la plante est née, s’est développée, et a produit ses graines, avant de mourir. La vivace, elle, vit plusieurs années (quelques années à plusieurs centaines d’années). Enfin, c’est ce que je croyais…

Une réalité plus complexe

On sait aujourd’hui que le caractère annuel ou vivace d’une plante est assez mouvant, en tout cas non définitif. En effet, de nombreuses vivaces ont été extraites de leur habitat d’origine deviennent annuelle là où elles sont introduites. On peut notamment compter la tomate!

Après quelques recherches, j’ai constaté que le climat (le froid, surtout) n’était pas seul responsable de la mort d’une plante. En effet, on appelle monocarpique, apaxanthe ou sémelpare les plantes mourant après reproduction. Le contraire est nommé polycarpique, pléonanthique ou itéropare1

Pour résumer, les plantes dites annuelles meurent soit épuisées après s’être reproduite, soit à cause du froid. Autrement dit, on ne peut pas rendre vivaces toutes les plantes. Bref, continuons.

Comprendre l’habitat originel de la plante

Ensuite, il est intéressant de resituer les origines de la plante en question avant de chercher à la rendre vivace.

La famille des solanacées, à laquelle appartient la tomate, est originaire d’Amérique centrale et du sud. Il est rapporté qu’elle est vivace dans son habitat d’origine2, et on sait qu’elle est cultivée de longue date, ce qui me fait croire qu’elle pourrait produire des fruits plusieurs fois.

Le climat propice

Maintenant que l’on comprend un peu mieux pourquoi ce genre de plante pourrait vivre plus d’une saison, intéressons-nous au froid. Pourquoi mes pieds de tomates, piments, physalis ne sont pas morts?

Eh bien, plusieurs factures tendent à expliquer cela :

  • Mon jardin est peu exposé au gel
  • Le mur blanc haut de 3 mètres contribue à réchauffer l’ambiance
  • Je conserve quelques zones semi-cultivées, fauchées à peine une fois ou deux par an (les communautés végétales s’abritent mutuellement)
  • Cela fait 10 mois consécutifs que les températures sont supérieures à la moyenne mensuelle de référence 1981 – 20103, sachant aussi que 2019 est la troisième année la plus chaude enregistrée depuis 19004, et que ce genre de températures tend à devenir la norme (Voir figures ci-dessous).

Au final, nous avons plusieurs ingrédients réunis pour un microclimat propice. OK pour les plantes, OK pour le climat, mais il nous reste quelques détails non moins essentiels.


La génétique et le temps pour rendre la tomate vivace

D’un point de vue génétique, on a toutes les raisons de penser qu’une plante que l’on cultive comme une annuelle depuis si longtemps ne va pas redevenir une “bonne” vivace si vite. S’il est probable que la plante dégénère en moins de deux cycles reproductifs (étant habituée à ne produire qu’un cycle avant de mourir), on peut néanmoins envisager une sélection de plants annuels ayant survécu plusieurs années, les reproduire pour tenter de transmettre les gènes permettant aux plants d’être vivace, et ainsi de suite au fur et à mesure des générations.

Par ailleurs, la plante devra se réhabituer à produire plus régulièrement des fruits “viables”, c’est à dire attirant pour ses disséminateurs, sans pour autant s’épuiser.

Pour résumer ce point, la plante peut survivre, encore faut-il qu’elle soit capable de produire sainement ses fruits, car la rendre vivace ne pourrait se faire que graduellement, une saison ne suffira certainement pas pour que le changement soit effectif, et le bénéfice reproductible.

La tomate vivace en conclusion

De ce sujet, trois choses sont à retenir :

  • Le climat général et les microclimats locaux doivent permettre la survie de la plante. Le réchauffement climatique, nous l’avons vu, est en train de favoriser ces changements de “annuelle” vers “vivace”.
  • Génétiquement, on ne peut forcer une plante à évoluer plus vite que la musique. L’instabilité génétique inhérente à toute mutation nous enlève de fait tout pouvoir d’accélérer le processus.
  • Ce processus ne s’applique, in fine, qu’à un nombre très restreint d’espèces, pour une économie en travail marginale.

En résumé, les tomates et autres légumes du soleil qui “deviennent” vivaces sont à mon sens un phénomène enrichissant…d’un point de vue pédagogique. Pour intéressant que ce soit, je crois que cela reste sans grand intérêt en terme de culture vivrière, à court et moyen terme. L’espoir reste cependant permis d’avoir de la tomate vivaces dans quelques décennies si des passionnés entreprennent des travaux de sélection en ce sens. Pourquoi pas?


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  1. Nicholas J. Gotelli, A Primer of Ecology, Sunderland, 2008 – ISBN 9780878933181 []
  2. https://pfaf.org/user/Plant.aspx?LatinName=Solanum+lycopersicum []
  3. http://www.meteofrance.fr/actualites/81127530-1ere-en-france-10-mois-consecutifs-plus-chauds-que-la-normale []
  4. http://www.meteofrance.fr/actualites/78251648-france-2019-au-3e-rang-des-annees-les-plus-chaudes []
S’inspirer des motifs et cycles naturels (principe de permaculture)

S’inspirer des motifs et cycles naturels (principe de permaculture)

#30JoursPourYPenser Numéro 26

Pensez-vous que le motif de la fleur de tournesol ou de la toile d’araignée sont les fruits du hasard? S’inspirer de ces motifs est une aide précieuse dans la conception de nos systèmes. J’aborde ici des motifs naturels, et une application concrète de chaque dans nos vies.


Qu’est-ce qu’un motif (ou pattern)?

Le mot anglais « pattern » est souvent utilisé pour désigner un modèle, une structure, un motif, un type, etc. Il s’agit souvent d’un phénomène ou d’une organisation que l’on peut observer de façon répétée lors de l’étude de certains sujets, auquel il peut conférer des propriétés caractéristiques.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pattern

Tel que nous l’avons vu dans différents articles que je vais citer à nouveau ici, les motifs et cycles1 remplissent des fonctions précises, observables, répétables. Les exemples qui vont suivre sont aussi bien temporels que matériels, certains étant un peu des deux à la fois.


Méandre

Quand la nature cherche à ralentir un flux pour maximiser les échanges et offrir plus de niches écologiques, nous voyons que les humains peuvent choisir de faire l’inverse. En effet, créer des routes droites est un choix pouvant nous faciliter l’entretien de voirie, et réduire la distance entre deux points. Néanmoins, nous verrons plus loin avec un exemple précis que ces arguments peuvent faire débat. A ce propos, je crois simplement que les lois et motifs naturels sont plus globalement intégrés que les choix de survie ou d’économie d’une espèce isolée.

Application concrète : les baissières (courbes de niveau)

buttes en courbe de niveau keyline avec des jardiniers apprenant cette méthode au jardin partagé d'Eric

Terrasser les champs et jardins selon des courbes de niveau2 favorise la répartition et le ralentissement de l’eau, permettant à la parcelle de mieux l’assimiler.


Ramification

Ultra connu, mais savons-nous quelle est la fonction du motif de ramification? En fait, ce motif est lié à la distribution de l’énergie. De manière systématique, on observe que des ramifications se créent là où il y a le moins de résistance (comme les éclair ou comme le ruissellement de l’eau). Les ramifications sont de plus en plus petites et relient la source d’énergie avec toutes les niches alimentées.

Application concrète :

Neuro-ergonomie, gestion de la connaissance, résolution de problèmes (cartes mentales, diagrammes d’Ishikawa et consort, arbres généalogiques ou événementiels, etc.

Nous allons voir que les motifs peuvent s’imbriquer à l’infini. Ainsi, nous allons relier des tas de ramification pour obtenir un réseau!


Réseau

Le réseau peut revêtir des fonctions fort différentes :

  • résistance/résilience mécanique : la charge ou le stress est réparti sur tous les points du réseau. Cela confère à la toile d’araignée ou aux os des mammifères leur étonnant rapport poids/résistance
  • sécurité et économie des flux: multiples chemins possibles permettant d’économiser (prendre le chemin le plus court), et de ne pas interrompre le flux en cas d’aléa (itinéraires bis en cas de chemin coupé).

Ces deux fonctions assurent la résilience de l’ensemble.

Application concrète : construction, transport, recherche scientifique

  • Construction : dômes, kerterre, yourtes…
  • Amélioration du trafic et des transports
  • Solidarité, économie, commerce, grâce aux réseaux de distribution

On en parle dans cet article : écoconstruction, mieux construire en s’inspirant de la nature.

A ce propos, ci-dessous l’exemple fascinant du Blob, dont une expérience a permis de montrer que cet être vivant produisait naturellement un réseau semblable au réseau ferré du japon, considéré comme l’un des plus performants du monde! Utile pour mieux comprendre le motif du réseau dans la nature :


Labyrinthe

Je présume que le cerveau a cette forme pour maximiser le stockage d’information dans un volume restreint, tout en multipliant les surfaces d’échanges. L’exemple du poumon est frappant : La surface totale destinée aux échanges est d’environ 130 m², soit la taille d’un terrain de volley. Ceci permet aux alvéoles d’assurer leur rôle, qui est de transmettre l’oxygène au sang et d’en extraire le dioxyde de carbone4

Application concrète

Avec toute précaution car je ne suis guère spécialiste des sujets qui suivent, néanmoins il s’agit d’intuition personnelle et les exemples qui suivent tendent à me conforter dans cette idée.

  • Architectures à haute économie : optimisation des flux et maximisation des échanges.
  • Industrie : Processeurs, dissipation de chaleur, etc.
Bagdad au temps de Charlemagne

Les spirales

Les spirales logarithmiques décrivent un mouvement d’expansion ou de contraction (ou concentration) énergétique, que les images suivantes aident à comprendre sans difficulté:

Application concrète

  • Horlogerie et autres assemblages mécaniques : Ressorts spiralés
  • Une idée de vélo à assistance mécanique a émergé, mais aucun résultat ne semble visible sur internet.

Quand on ajoute une dimension à ce motif, des choses encore plus intéressantes peuvent être envisagées!


Le vortex (spirale en trois dimensions)

Application(s) concrète(s)

  • Purification de l’eau (et aussi changement de sa viscosité, capacité calorifique, résistivité, etc.)5
  • Oxygénation de l’eau pour les mares (voir à ce titre une courte vidéo d’un essai dans la mare du jardin d’Eric
  • Économie d’énergie dans les patinoires (le vortex permet d’enlever l’air de l’eau, favorisant une glace plus “résistante”) et tours de refroidissement (la surface d’échange air/eau étant augmentée, l’échange calorifique est d’autant plus important)
  • Tri ou mélange de solides et liquides, par exemple des graines ou des saletés (selon le réglage de notre outillage, les objets les plus légers peuvent se retrouver côté extérieur ou côté intérieur. Voir notamment le filtre à tourbillon utilisé en aquaponie

Modèles temporels et combinés

Pattern éthologique6

Quand les Loups ont été réintroduits dans le parc national de Yellowstone aux États-Unis après avoir été absents pendant près de 70 ans, toute la chaîne alimentaire s’est adaptée en un court laps de temps. Mais comment exactement les Loups changent les rivières ? 7

Les cycles astronomiques influencent le climat

Les cycles de Milankovitch décrivent des processus astronomiques ayant pour effet de modifier le climat terrestre, sur des cycles de plusieurs dizaines de milliers d’année.

Escalier des Turcs

Il se traduit physiquement sur l’évolution des géographies, comme l’Escalier des Turques ci-contre

C’est un exemple de pattern temporel sinusoïdal, influencé par le mouvement elliptique de la terre par rapport au soleil. Ces cycles décrivent l’influence de différents patterns les uns sur les autres:

Mouvement d’une planète ➡ Climat ➡ Disponibilité des ressources ➡ éthologie dont nous avons parlé ci-dessus

Les influences à échelles multiples comme décrites ci-dessus sont une règle commune des écosystèmes.


Conclusion

Ainsi, nous avons pu voir que les motifs qui composent notre monde, tout en étant limités en nombres8, le tissent d’une manière infiniment complexe. A toute échelle et en toute dimension, avec le même motif nous passons de la fleur de tournesol, à la coquille du nautile, jusqu’à la tornade et même une galaxie. La bio-inspiration chère à toute démarche permaculturelle prend peut-être sa source dans l’observation des motifs du vivant, afin de comprendre comment est tissée l’étoffe de notre monde environnant. Concevoir nos systèmes en s’inspirant de cette bibliothèque qu’est la nature fera peut-être la différence entre des systèmes coûteux – pour ne pas dire lourds, et des systèmes harmonieux, fonctionnant avec économie et élégance, comme la nature sait le faire. Une nature élégante, discrète et appliquée. Depuis l’émergence du matérialisme, elle a su garder impeccables ses méthodes sans jamais chercher à nous cacher son intelligence intégrée. La beauté ne s’offre qu’à l’œil ouvert.

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Nous suivre

  1. qu’on peut envisager comme des motifs temporels []
  2. une courbe de niveau ou isoplèthe d’altitude est, en cartographie, une ligne formée par les points du relief situés à la même altitude. []
  3. The Millennium Simulation Project []
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Poumon []
  5. Lire le rapport de Gunter Pauli sur la technologie Vortex []
  6. L’éthologie est l’étude scientifique du comportement des espèces animales, incluant l’humain, dans leur milieu naturel ou dans un environnement expérimental, par des méthodes scientifiques d’observation et de quantification des comportements animaux. []
  7. Credits:
    “Greater Yellowstone Coalition – Wolves” (http://bit.ly/1lK4LaT)
    “Wolf Mountain” (http://bit.ly/1hgi6JE)
    “Primodial – Yellowstone” (vimeo.com/77097538)
    “Timelapse: Yellowstone National Park” (http://bit.ly/1kF5axc)
    “Yellowstone” (http://bit.ly/1bPI6DM)
    “Howling Wolves – Heulende Wölfe” (http://bit.ly/1c2Oidv)
    “Fooled by Nature: Beaver Dams” (http://bit.ly/NGgQSU)
    Music Credits:
    “Unfoldment, Revealment, Evolution, Exposition, Integration, Arson” by Chris Zabriskie (http://bit.ly/1c2uckW)
    NOTE: Cette video peut contenir du matériel copyright. Ce matériel est accessible pour des raisons éducatives seulement. Cette vidéo est un doublage en français de la vidéo “How Wolves Change Rivers” de l’organisme Sustainable Human sustainableman.org []
  8. le présent article ne prétend pas être exhaustif en ce sens []
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