Le monde (dingue) des graines

Le monde (dingue) des graines

Des graines plus chères que l’or, une graine de 20 kilos, des millions d’espèces…Bienvenue dans un monde si riche et diversifié qu’une vie ne suffirait pas à le comprendre. Enfin, on va quand même en faire un petit tour.

Script de la vidéo

Bonjour à tous, aujourd’hui on va parler d’un monde très diversifié, celui des graines.

Mon objectif ici, c’est de vous présenter cette diversité, comment ce monde fonctionne, parce que je crois que pour respecter le monde qui nous entoure, il est bon de commencer par le comprendre et s’en émerveiller.

Alors comme je l’ai fais un peu plus tôt dans ma série #30JoursPourYPenser, j’utilise un format diaporama. Pour une vidéo sur Youtube, c’est bien dégueulasse, je le reconnais. Mais mon diapo existe déjà, et le minimum d’efforts pour le maximum de résultats est un principe de la Permaculture, alors moi…J’essaie de respecter les principes!

Allez on commence!

Déjà, j’enfonce une porte ouverte, mais c’est important de le rappeler : une caractéristique fondamentale du monde végétal, par rapport au monde animal, c’est l’immobilité. Je ne parlerais pas ici des exceptions car certains végétaux sont connus pour se déplacer, en quelque sorte, mais c’est pas le sujet.

Les animaux peuvent bouger pour chercher leur nourriture, combattre ou fuire, se reproduire, etc. Pour le végétal, c’est plus limité hein…Méditer, compter les cailloux, embêter les promoteurs immobiliers, et plein d’autres choses passionantes, n’est-ce pas?

Bon, cependant, les végétaux compensent le fait de ne pas pouvoir bouger. On dit d’eux qu’ils sont autotrophes, c’est à dire, grosso modo, qu’ils sont capables de synthétiser leur nourriture par leurs propres moyens, depuis le monde minéral. Oui, les végétaux sucent des cailloux! Et il vaut mieux, puisqu’ils ne se déplacent pas pour manger. Mais sans pouvoir se déplacer, ils ont quand même une vie sociale, comme le suggère entre autres Peter Wohlleben, avec son best-seller “la vie secrète des arbres”. A ce propos, la phytosociologie est une science à part entière.

Génétiquement, on sait que de nombreux végétaux sont… bien différents de nous. Le maïs, par exemple, a deux fois plus de gènes que nous. Le mûrier noir possède 6 fois plus de chromosomes que nous, la fougère, 40 fois plus!

Mon hypothèse pour expliquer ça est que ne pouvant pas se déplacer, les végétaux tirent parti d’un matériel génétique mieux fournis pour s’adapter plus finement à leur environnement. L’animal, lui, n’a qu’à changer d’endroit quand ça commence à sentir le roussi!

Maintenant que c’est dit, parlons des graines. Pourquoi “bouger” quand on est immobile? Là je parle bien entendu de disséminer des graines.

Eh bien, pour explorer des habitats propices, où il y aurait moins de compétition, plus de lumière, des propriétés physico-chimiques du sol plus adaptées, etc.

Et là, ça m’amène à vous parler des niches. A gauche, une niche économique (les déguisements pour chiens), à droite, une niche écologique (deux lichens qui se partagent un tronc d’arbre; on peut imaginer que l’un aime plus d’humidité ou supporte moins le vent).
Les niches permettent d’éviter ou atténuer la compétition, en répondant à la diversité des besoins, qui sont spécifiques à chaque espèce, voire même chaque individu. Il suffit de regarder le nombre de régimes différents chez l’humain pour s’en rendre compte.

Je ne vais pas discuter ici de comment les graines sont formés, il y a des vidéos entières qui traitent du sujet, en voici une : https://www.youtube.com/watch?v=bovZt3bHcmg

Mais pour faire court, les fruits sont comme nos ovaires, les graines comme nos ovules, et le pollen comme nos spermatozoïdes

Bon, 90% des plantes à fleurs utilisent les animaux pour se disséminer : insectes, oiseaux, mammifères, dont l’humain. Dans certains cas, une co-évolution a adapté la plante à son agent disperseur, tant et si bien que certaines plantes dépendent d’un seul insecte pour leur reproduction!

Ici, un exemple que j’aime bien, d’une pollinisation “à la main”, de pommiers en Asie. On peut faire pareil pour les courgettes notamment, surtout quand on souhaite assurer la pureté variétale. A ce propos, il se dit à droite à gauche qu’on pourrait avoir de plus en plus besoin de polliniser à la main, vu le déclin des abeilles…

Mais alors, les 10% restants? Par le vent, bien évidemment! C’est le cas des gymnospermes (les cyprès, les pins, en fait les conifères pour faire simple), mais c’est aussi le cas des céréales (on les appelle les graminées). C’est grâce à ces plantes que la table de votre terrasse est sale une journée après l’avoir nettoyé, ainsi que les allergies et le fameux rhume des foins…Merci les gars!

D’ailleurs, la petite astuce jardin du jour. Si vous voulez améliorer la production de maïs, c’est judicieux de les placer proches les uns des autres, comme sur la photo de droite. ça va faciliter la pollinisation.

Certains graines se disséminent par l’eau, mais c’est négligeable en comparaison du vent et des animaux.

On vient de voir par quel moyen les plantes sont pollinisées. Alors, une fois que le fruit est mûr, comment on fait pour disséminer tout ça?

On a encore et toujours le vent, c’est l’anémochorie. Ici, une samare d’érable, qui agit comme les pales d’un hélicoptère, et ralentit la chute de la graine.

La graine de pissenlit aussi, très légère et aidée par une sorte de parachute.

La carotte fonctionne un peu comme les boules sèches qui traversent le désert dans les westerns.

On a même des plantes qui font des ballons, mais je n’ai jamais observé leur déplacement.

Voilà pour le vent. Maintenant, les animaux, toujours! On remarque déjà que les plantes sont pollinisées, mais aussi disséminés par les mêmes agents.

Ici, un Tamia qui stocke dans sa bouche en attendant de trouver une cachette.

On peut aussi parler de séduction des animaux! Un beau fruit charnu, belle couleur, bon goût, et tout et tout…On crée même de la culture sur cette base, par exemple le concours de lancer de noyau d’olive.

Et, bien sûr, quelque chose qu’on connait tous : les graines qui s’accrochent aux vêtements, aux pelages. Les bardanes, carottes, etc. ont inspiré l’inventeur du velcro!

Les oiseaux aussi disséminent les graines sur de longues distances, en mangeant les fruits et en allant aux toilettes un peu après.

On peut citer l’exemple de la dissémination par les fourmis qui est spécifique à certaines graines, qui contiennent une réserve de nourriture à destination des fourmis, mais inutile à la plante. Les fourmis récoltent, mangent, et rejettent la graine.

A propos du nombre de graines par fruit, comparez animaux et végétaux (maman fait 1 humain à la fois, et on prend soin pendant très longtemps de nos enfants.
Souvent: Plus de graine = moins de soin apporté aux bébés. (probabilité de succès en accord)

Concernant la longévité des graines, on entend souvent des choses sur le temps de conservation de nos graines de légumes. ça dépend en fait beaucoup des conditions de stockage, mais aussi de la graine elle-même. On observe trois type de graines, les micro, moéso, et macrobiontiques. Chaque famille a sa propre fourchette de longévité : Quelques mois pour les Microbiontiques, comme le peuplier et le caféier, contre 2 à 5 ans environ pour les mésobiontiques; ce sont les tomates, les radis, melons, etc. Les plus costaux, les macrobiontiques comme le palmier, le coco, le dattier, survivent 10 ans est plus, grâce à une couche protectrice épaisse, et un fruit fait de beaucoup de glucides (qui se conservent mieux que les lipides des graines précédentes).

Ici aussi, on a des records ! 1200 ans pour le lotus sacré, et 2000 ans pour le palmier datier!

Parlons maintenant de quelques stratégies, car oui, les plantes ont parfois des stratégies incroyables pour se reproduirent. Tout à l’heure on parlait des plantes qui choisissent les fourmis pour disséminer leurs graines, et bien parlons des pionnières pyrophites comme le pin! La graine est totalement ignifugée. Dit autrement, elle résiste aux incendies! Et une fois que tout a brûlé, elle a le champs libre pour prospérer pépère, sans concurrence!

L’eucalyptus est de la même catégorie, et même pire : il se reproduirait uniquement en cas d’incendies. Sa sexualité dépend du feu.

Pour finir, j’ai envie de vous partager quelques données qui aident à prendre conscience de l’incroyable diversité qui règne dans le monde végétal, avec un petit fond sonore en mode confinement nature, au calme.

Il existe 7500 variétés de tomates dans le monde. Vous pensiez être un cador parce que vous en connaissez une vingtaine? désolé les gars!

La réserve mondiale de semences du Svalbard a une capacité de stockage de 4,5 millions de variétés. C’est cadeau.

Dans cette même réserve, les oignons peuvent être conservées pendant 413 ans. C’est un peu mieux que chez moi!

Et à votre avis, le pois chiche? 2613 ans! Toujours plus.

Et à votre avis, le Sorgho? 19890 ans! Toujours, toujours plus…

Combien y a-t-il d’espèces végétales dans le monde d’après vous? 400 000! Et l’on mange peut-être 70 légumes différents, à tout casser…

Et nous en découvrons à peu près 2000 chaque année dans le monde.

La France est le premier exportateur de graines au monde.

Le Bégonia a peut-être les graines les plus chères du monde : 80 à 120 000€/gramme, et comme ce sont des graines légèrissimes, eh bien le kilo, à 600 000€ est plus cher que l’or (environ 40 000)

C’en est tout pour cette vidéo, je suis ravi d’avoir pu partagé une partie de ma conférence sur le monde des graines avec vous. Normalement, la seconde partie, que je ne montre pas ici, parle des cultures agricoles et humaines, mais pour pas faire trop long…je la partagerais peut-être dans une prochaine vidéo?

Allez, bisous tout le monde, et prenez-soin de vous!

Devrions-nous marcher pieds nus plus souvent?

Devrions-nous marcher pieds nus plus souvent?

#30JourPourYPenser Numéro 12

C’est le moment de nous donner vos avis! Avec cet article, j’espère ouvrir un débat et discuter d’un tabou : la marche pieds nus. Essayez de marcher pied nu dans une rue fréquentée ne serait-ce que 5 minutes, et vous aurez confirmation que c’est un tabou!

Avant tout, sachez que je ne suis pas kiné! Cet article est l’invitation à discuter, d’une personne éprise de liberté, et motivée à discuter de ce qui importe : la santé, le bien-être, une vie simple et naturelle.

Marcher en chaussure : depuis quand le fait-on?

Premièrement, le genre Homo marche depuis 2,5 millions d’années1. Une étude2 suggère que les hommes du Paléolithique Moyen Supérieur (environ 30 000 ans avant JC) de certaines régions du monde portaient des objets aux pieds pour se protéger. Malgré ce, l’étude semble faire apparaitre que la souplesse des pieds était préservée.

chaussures stylées du passé

Donc, nous savons déjà que l’être humain, dans son histoire, a passé environ 0,10% de sa vie pied nu, ce qui est peu!3

Marcher pieds nus : les faits

Callosités, protection, sensibilité

La vidéo qui suit montre des explications d’une étude4 menée par une équipe de Harvard au Kenya. Il s’agissait de comparer populations nus-pieds, et populations chaussées de la même région (Vidéo en anglais, mais vous pouvez activer les sous-titres en français).

Grossièrement, Il en ressort que les pieds nus ont des callosités s’épaississant, mais la sensibilité ne semblerait pas impactée; on pourrait donc marcher pied nu sans (jamais?) avoir besoin de supprimer ces callosités5 .

Santé physique, acupression, réflexologie

Le pied est fait de nombreux os, terminaisons nerveuses, muscles etc. Et tout groupe musculo-squelettique non sollicité s’atrophie. Par exemple, j’ai vu une personne plâtrée de la jambe pendant un mois se retrouver avec la jambe toute molle après avoir été déplâtrée, avec la quasi-incapacité d’utiliser sa jambe sans rééducation!

Ainsi, la plupart des chaussures que nous portons défavorisent l’expression complète du pied, ce qui peut mener à une forme légère d’atrophie. Qu’en est-il de la corrélation entre accidents domestiques et le fait de porter régulièrement des chaussures? Je serais très curieux de le savoir. Au contraire, la marche pied nu, par la pression exercée sur le pied, favoriserait une meilleure circulation de manière générale. En revanche, je manque cruellement de connaissances à ce sujet et préfère vous renvoyez vers différentes pistes de recherche : voir la recherche ici.

Proprioception

Ce mot désigne la perception de la position des différentes parties du corps. Notez que cela peut être conscient ou non. Les pieds sont notre interface avec le sol; est-ce pour cela qu’ils sont aussi très fournis en terminaisons nerveuses? (cf. l’effet de bordure).

Pour bien comprendre la logique derrière ça, voici comme d’habitude une petite illustration!

La chaussure amenuise nos possibilités d’utiliser toutes ces terminaisons pour percevoir le plus finement notre environnement. Cela revient à comparer un circuit imprimé qui rentre dans une poche, à un engin de guerre de gaming!

Mise à la terre (earthing)

Nous, être vivants, sommes conducteurs d’électricité. Pour illustrer ce que serait la mise à la terre pour nous, imaginez un éclair.

L’éclair résulte d’une surcharge électriques contenues dans l’eau qui forme les nuages.

La ramification créée par l’éclair représente en quelque sorte le chemin le plus simple pour relier l’éclair au sol, et ainsi décharger cette énergie “en trop”. Eh bien, nous aussi avons besoin d’évacuer les surtensions, et c’est en étant en contact pied nu avec le sol que nous le faisons.

Plusieurs études suggèrent les bienfaits de cette mise à la terre pour les humains 67 :

De nouvelles preuves montrent que le contact avec la Terre – qu’il soit à l’extérieur pieds nus ou à l’intérieur connecté à des systèmes conducteurs mis à la terre – peut être une stratégie environnementale simple, naturelle et pourtant profondément efficace contre le stress chronique, le dysfonctionnement du système nerveux autonome, l’inflammation, la douleur, le manque de sommeil, le VRC perturbé , le sang hypercoagulable et de nombreux troubles de santé courants, y compris les maladies cardiovasculaires. Les recherches effectuées à ce jour soutiennent le concept selon lequel la mise à la terre ou la mise à la terre du corps humain peut être un élément essentiel de l’équation de la santé avec le soleil, l’air et l’eau propres, les aliments nutritifs et l’activité physique.

Earthing: Health Implications of Reconnecting the Human Body to the Earth’s Surface Electrons

Remise au présent

Nous quittons désormais la science pour rencontrer l’intuition. En marchant pieds nus, je suis frappé par la facilité par l’amélioration rapide de mon attention. La nécessité de faire attention à mes pas est un outil simple pour réveiller ses sens et son intégration au moment présent. Cela peut aider à relativiser une situation (conflit, frustration, colère, etc.)8 .

Pourquoi serait-ce un tabou?

Voici mes hypothèses, qui décrivent aussi les risques potentiels de ne pas porter de chaussure :

  • Rang social : nos chaussures seraient un indice
  • Santé : nous considérerions qu’être pied nu pourrait être risqué (marcher sur du verre, sur des excréments, etc.
  • Confort : par suite d’une acculturation à la chaussure, nous avons perdu une part de notre force plantaire, et avons du mal à y revenir (comme quand j’ai découvert la direction assistée sur les voitures…)

Mon coup de gueule

Pour conclure, je suis extrêmement irrité quand je constate que marcher pied nu dans la rue provoque des réactions et des observations. Ainsi, malgré la cohérence de cette pratique au vu des faits évoqués ici, cela reste tabou. A vrai dire, J’aimerais être libre de le faire sans attirer les regards, étant convaincu du bien-fondé de cette démarche. Avez-vous eu affaire à cette situation? Avez-vous des informations pouvant nous aider à faire progresser cette pratique? C’est à vous!


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Pendant le confinement lié au Coronavirus : 30 jours, 30 articles, autours de la nature et de l’humain, pour comprendre et dessiner un monde durable et joyeux !

La meilleure façon de nous suivre :

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Homo#Bip%C3%A9die_du_genre_Homo []
  2. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0305440307002476?via%3Dihub []
  3. En revanche, ce dont l’étude parle semble ne pas être une chaussure mais plutôt une sandale, la plus ancienne chaussure découverte aurait plutôt 5 500 ans : https://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/10/la-plus-vieille-chaussure-du-monde-decouverte-en-armenie_1370910_3244.html []
  4. https://www.nature.com/articles/nature03052 []
  5. Un article du site de Harvard décrit l’étude : https://news.harvard.edu/gazette/story/2019/06/harvard-evolutionary-biologist-daniel-lieberman-turns-his-attention-to-walking/?utm_medium=Feed&utm_source=Syndication []
  6. https://www.hindawi.com/journals/jeph/2012/291541/?viewtype=print&viewclass=print#conclusion []
  7. http://www.groundology.es/research/earthing_human_physiology_2006_pt1.pdf []
  8. A ce propos, un exercice de méditation classique consiste à marcher en pleine conscience des pas effectués []
Permaculture virtuelle : logiciels libres et neuro-ergonomiques

Permaculture virtuelle : logiciels libres et neuro-ergonomiques

J’ai rédigé un mémoire dans le cadre du Diplôme de Permaculture Appliquée (DPA), de l’Université Populaire de Permaculture. Aujourd’hui, il existe mille façons de partager de l’information, mais toutes ne respectent pas l’éthique et les principes de la permaculture, et c’est ça que je vais développer aujourd’hui : la permaculture des logiciels. Et je vais prendre Tiddlywiki comme exemple.

Un carnet de notes web non-linéaire pour saisir, organiser et partager des informations simples ou complexes.

Tiddlywiki.com

Plus utile qu’il n’y parait

A priori, tout cela semble n’avoir aucune portée tangible: ce n’est pas un champ transformé en oasis, ni le design d’une communauté humaine…

Pourtant, rendre l’expérience et la connaissance plus accessible en choisissant un format adapté a une portée énorme; la connaissance possède un potentiel énergétique infini, au contraire d’un gisement de pétrole ou d’une stère de bois. Donc, la partager est une des plus grandes formes de militantisme écologique que l’on puisse faire – si cela s’accompagne de sagesse collective.

Pour cela, j’ai choisis Tiddlywiki et nous allons voir ses avantages et les principes de la permaculture que ce logiciel respecte, sans le savoir sûrement. 😉 Nous parlerons aussi du logiciel libre.

Structure : le cerveau humain (patterns)

La structure de Tiddlywiki est non-linéaire. Chaque article peut contenir tout type de donnée (image, texte, pdf, vidéo…), qu’on peut les lier de de bien des manières. Ainsi, le document n’est plus un simple fil conducteur que l’on suit de manière “imposée”. Au contraire, c’est une table de lecture dynamique où l’on choisit son chemin, selon ses réflexions et envies.

En fait, cela semble mieux correspondre au pattern de labyrinthe en 3D du cerveau humain; je pense que ça ne peut qu’être plus efficace à l’usage.

Pour résumer, Tiddlywiki permet un processus d’écriture type mindmapping (cartes mentales en français).

Résister au temps (ne pas produire de déchets)

Cet outil est présenté comme Future Proof par son concepteur. (résistant au futur)

Avant d’argumenter, comment fonctionne Tiddlywiki? C’est un unique document au format HTML, contenant tous ses composants et fonctionnant donc seul, sans besoin d’infrastructure extérieure (une allégorie de l’autonomie chère à la Perma?)

Tant que vous avez de l’électricité pour allumer un ordinateur, vous pourrez l’ouvrir et le verrez dans 30 ans comme vous le voyez aujourd’hui. C’est en ce sens que je considère ce logiciel comme un service durable.

Versatilité

La versatilité est l’un des principes bien connus de la permaculture : “chaque élément remplit plusieurs fonctions”. Eh bien, vu que mon mémoire est un élément de mon système, pourquoi en serait-il autrement? Voyons cela de plus près.

Pour en savoir plus sur le principe de versatilité : un article sortira prochainement!

Du site de vente en ligne de sushis à la thèse de philosophie accessible hors-ligne, Tiddlywiki est adaptable à de nombreux usages. De plus, la question du partage a suscité mon enthousiasme!

Comme évoqué plus haut, un seul fichier en .html suffit. On peut le stocker et l’afficher sur n’importe quel PC, smartphone, tablette…De plus, fait remarquable dans le monde numérique: quelque soit votre matériel, vous avez à coup sûr un navigateur ou lecteur html (même sur de l’ancien matériel).

Ainsi, Finit les problèmes de compatibilité ou la nécessité d’avoir le logiciel adapté. Nous sommes mieux protégé contre l’obsolescence programmée, grâce à sa versatilité.

Logiciels libres : une lutte pour protéger nos droits.

Les logiciels libres sont accessibles à tous, et soutenus par des communautés bénévoles. Ils garantissent le respect de la vie privée et la gratuité. D’un point de vue éthique, ce n’est pas anodin! Car au contraire, de nombreux logiciels sont conçus pour exploiter nos biais cognitifs et augmenter notre consommation. A ce sujet, voir l’excellente série documentaire “Dopamine“, sur Arte. Où est le soin à l’humain et le partage équitable, face à ces machines à capter l’attention?


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Pourquoi on se cogne dans les meubles? Les lignes de désir

Pourquoi on se cogne dans les meubles? Les lignes de désir

Aujourd’hui, article très chaud : les lignes de désirs!

Connaissez-vous l’expression “couper à travers champs“? Eh bien, voici l’exemple typique des lignes de désirs, et on va voir que c’est un concept important à intégrer en permaculture.

Une ligne de désir est un sentier tracé graduellement par érosion à la suite du passage répété de piétons, cyclistes ou animaux.

Article Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_de_d%C3%A9sir

La présence de lignes de désir signale un aménagement inexistant ou inapproprié.

Le vivant est indiscipliné (et l’être humain aussi)

Par défaut, tout être vivant tente d’accomplir son action en dépensant le moins d’énergie possible. En réalité, notre inconscient est à l’œuvre. C’est bien sûr pour s’économiser que nous coupons à travers champs. Cette relative indiscipline indique qu’une solution plus simple existe que ce qui existe! Et en permaculture, on tente de réagir avec créativité au changement, en l’observant de façon neutre.

Un sentier créé à partir d’une ligne de désir souligné par des trèfles à travers une zone naturelle protégée à Theydon Bois dans l’Essex, en Angleterre. Licence CC-BY-SA 4.0 : Acabashi

Pourquoi donc on se cogne dans les meubles alors?

Toujours parce que notre inconscient nous fait choisir le chemin le plus court. Et, surprise, ce chemin n’est (probablement) jamais rectiligne, ni “carré”, au contraire de nos meubles. Pour ne pas se cogner dans les meubles, nous devrions nous mouvoir comme PacMan.

L’importance du design

Pour être plus clair, nous parlons là d’ergonomie! Justement, l’une des composantes du design est de créer un système harmonieux – donc ergonomique, en positionnant judicieusement les éléments entre eux, entre autres (exemple : la véranda au sud de la maison pour en faire une serre et réchauffer au passage la maison). Tel que je l’explique dans mon article précédent sur l’effet de bordure, casser les droites au profit de courbes aide à concevoir en adéquation avec ces décisions naturelles et inconscientes.

Typiquement, des meubles aux bords arrondis réduisent les risques que notre ligne de désir et le réel entrent en confrontation…

Exemple de mon jardin

Voyez l’image ci-dessous :

Aménagement (design) modifié pour s’adapter aux lignes de désir

Les lignes blanches sont les cheminements, l’ovale de couleur jaune moutarde est la zone de conflit entre ligne de désir et réalité. Avant, le potager était en carré, et je crois que ce conflit induisait un moindre entretien de toute la zone au delà de l’ovale. Une culture a été enlevée, et les carrés remplacés par une sorte de jardinière en tiges de mûrier tressé, décrivant une courbe.

L’exemple ci-dessus montre que certains designers prennent cela en compte en urbanisme, ce qui me semble prometteur!

En conclusion, on peut imaginer que même l’intérieur de nos habitations mériterait d’être conçu selon les principes de la permaculture afin d’améliorer la sécurité, en optimisant au passage les déplacements.

Et vous, avez-vous une anecdote à ce sujet?


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Principe de la permaculture : l’effet de bordure

Principe de la permaculture : l’effet de bordure

#30JoursPourYPenser Numéro 09

Aujourd’hui, un principe de la permaculture pour étayer ma réflexion de l’article précédent : Le frigo le moins cher du monde.

Ce principe, qu’on peut résumer comme “effet de bordure”, est appelé “Utiliser les interfaces et valoriser les éléments en bordure“, par David Holmgren. Il est cocréateur de la Permaculture et auteur du livre “Permaculture : Principes et pistes d’action pour un mode de vie soutenable“.

Dans cet article nous allons prendre des exemples concrets pour mieux cerner ce principe inspiré des écosystèmes.

La lisière : combiner les forces de deux écosystèmes

Lisière (nom féminin) : Bord, extrémité d’un lieu. C’est l’interface entre deux écosystèmes, aussi appelé écotone :

  • Clairière
  • Bord de talus, de fossé, Bord de rivière et plan d’eau
  • Canopée de la jungle
  • Notre peau ou l’écorce d’un arbre
  • Les murs de nos maisons
  • Les vitrines de nos magasins
  • etc.

On y observe quelque chose d’intéressant : il y a plus de biodiversité et de “productivité” dans la lisière qu’ailleurs.

La canopée, par exemple, est habitée à la fois par des oiseaux, des insectes, des mammifères, et même certains végétaux. Elle est l’interface entre l’air et la cime des arbres.

…Les berges aussi sont des interfaces regorgeant de toutes formes de vie…

…Et comme par hasard, ces plantes poussent en bordure aussi!

Pour comprendre l’effet de bordure simplement, prenons un exemple de vie courante:

Si votre père est français, et votre mère anglaise, il y a toutes les chances que vous soyez bilingue. Vous : lisière, vos parents : écosystèmes. Vous avez profité des caractéristiques de deux écosystèmes bien distincts; Ce faisant vous êtes un écosystème diversifié! CQFD.

Pour intégrer pleinement l’effet de bordure, il nous reste à voir une chose : comment la nature arrive à faire plus, avec la même chose?

Comment augmenter l’effet de bordure (faire plus, avec la même chose)

J’ai envie de vous partager quelque chose d’important : la nature augmente spontanément l’effet de bordure! Et l’humain, parfois, le réduit volontairement. Voyons ça :

Les méandres de ce fleuve permettent d’augmenter surfaces d’échange, en limitant par ailleurs la vitesse de circulation des flux. Nous faisons le contraire en construisant des autoroutes; nous réduisons notre distance entre deux points, c’est le plus efficace pour se déplacer (Les oiseaux ne font pas de détours…)

A ce propos, connaissez vous la notion de lignes de désirs? C’est un bon outil pour concevoir efficacement en permaculture. Je traiterais cela très bientôt. 😉

Pas encore convaincus? Voyez plutôt :

Pour la même emprise au sol, la surface cultivée sur butte ronde est plus grande.

Comment appliquer ce principe

  • Créez des formes non-linéaires quand vous le pouvez
  • Évitez les bordures trop brutales
  • Diversifiez les formes et les arrangements

Attention : réfléchissez d’abord aux fonctions que vous recherchez à accomplir! Comme nous l’avons vu dans l’article, nous utilisons les lignes droites dans certains cas, et ce n’est pas un mal. Simplement, dans le cadre de la productivité des écosystèmes, la non-linéarité donne de meilleurs résultats.

Bonus : Des objets qui respectent ce principe (sans qu’on le sache?)

Pour résumer

C’est aux interfaces que se produisent les phénomènes les plus intéressants, qui sont souvent les plus enrichissants, les plus diversifiés et les plus productifs dans un système. La bonne route n’est pas toujours la plus fréquentée.

David Holmgren, https://permacultureprinciples.com/fr/fr_principle_11.php

Vous l’aurez compris, les principes de la permaculture nous aident à comprendre les forces et les subtilités de la nature. Ceci afin de nous aider à concevoir de manière naturellement optimisée des lieux écologiques, économiques, soutenables.

Besoin d’aide pour concevoir un lieu de vie durable?

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