#30JoursPourYPenser Numéro 07

Dans le Numéro 03 de la série, je traitais de comment toute technologie de communication pouvait mener au conflit. A présent, changeons de registre pour nous intéresser au cœur de nos processus de communication. Et, pour rendre l’exercice encore plus fun, au conflit en particulier!

Hmmm, le bon conflit de canard…

La recette en bref

  • 1 cs de jugement à 0% d’objectivité
  • 20 cl de la responsabilité de l’autre (mais pas de la mienne)
  • une pincée de sel au langage statique (il faut, je dois, bien, mal, vrai, faux…)
  • du beurre allégé en empathie
  • ajouter un peu du conflit de la veille si vous en avez
  • laisser vos besoins dans le four jusqu’à réduction
Hmmmmmmm, delicious!

Comme je suis conscient que les ingrédients sont exotiques, aussi nous allons prendre le temps de les expliquer un par un.

Les ingrédients à la loupe

1 cs de jugement à 0% d’objectivité

Quand nous jugeons, nous ne sommes jamais objectif. Certes, il est important de pouvoir juger une situation, pour prendre des décisions, aider quelqu’un à changer en ce qu’on croit être bon, etc.

Mais, une incohérence apparait dès lors que l’on tient pour vrai ce que l’on juge subjectivement. Inconsciemment, nous portons notre regard sur le monde en pensant que ce regard est la réalité. Dès lors, il est aisé de tendre vers le conflit, car ce que l’on dira ne manquera pas d’agacer l’interlocuteur :

Ta chambre est en bordel…Ce film, c’est de la m**de…Quel idiot, cet entraineur…ça ne se fait pas…etc. etc.

20 cl de la responsabilité de l’autre (mais pas de la mienne)

Un autre ingrédient ordinaire dans la recette du conflit est la croyance que l’autre est responsable, et pas nous. Combien de personnes pensent que leur conjoint-e est responsable de leur bien-être ? Combien de professionnels délèguent quelque chose qui leur est très important à quelqu’un, ne lui expliquent pas suffisamment ou ne le supervisent pas assez, pour ensuite se plaindre de leur insatisfaction quant au résultat (et ce sans savoir quelle est la vision de la personne opposée).

Cela pose une grande question : sommes-nous responsables de nos sentiments? Ou est-ce les autres qui sont responsables de nous faire nous sentir joyeux ou malheureux?

Analyse

Voici mon avis en un exemple : face à la même situation, il est possible de vivre différents sentiments. Le sentiment dépend donc plutôt de la personne qui le ressent plutôt que de la situation. Ainsi, je crois que les sentiments nous appartiennent et ne sont pas uniquement le fait de la situation; nous sommes donc responsables de nos sentiments, en quelque sorte.

Une pincée de sel au langage statique

Cet ingrédient est universel, chers amis! Il renvoie quelque peu au premier ingrédient, le jugement, qui fige le monde en nous faisant croire que “les choses sont comme ça, et pas autrement”.

Les mots tels que “bien, mal, vrai, faux”, etc. sont parmi les meilleurs ingrédients pour un conflit couronné de succès! Grâce à eux, vous donnerez immédiatement l’impression à vos interlocuteurs que leur façon de penser n’a ni valeur, ni place dans le dialogue (si pas malchance elle n’est pas comme la vôtre). Avec un simple mot, nous excluons le monde entier…Comment ne pas aller directement au conflit (que d’aucuns appellent “débat”).

Beurre allégé en empathie

L’ingrédient minceur indispensable pour préparer un conflit savoureux mais diététique!

Il est évident que si l’empathie, qui consiste (pour résumer) à se mettre à la place de l’autre, n’est pas présente, il sera beaucoup plus facile de retourner dans les travers des autres ingrédients de cette recette.

Par-delà le bien et le mal, il y a un champ.

Rumi

Eh bien, l’empathie reste l’une des meilleures voies pour accéder à ce champ ou chacun est considéré pleinement.

Ramener au présent le conflit de la veille

Les meilleurs plats sont ceux de la veille, à ce qu’on dit. En matière d’écologie humaine en revanche, pas sûr. Quand on “réchauffe” notre vision de quelqu’un, qu’on ramène du passé ce qu’on croit vrai, c’est l’assurance de figer la réalité! Si au présent, je me base sur ce que j’ai pu penser la veille, par le jugement :

Tu es bordélique…Tu n’es jamais à l’heure…Je suis plus consciencieux que mon collègue…

Alors, l’étiquette que je pose sur la réalité colle de plus en plus. La croyance se cristallise, telle une prophétie auto-réalisatrice. La personne mal organisée que nous visons le devient en effet peu à peu (dans notre esprit!), notre cerveau biaisé ne manquant aucune occasion pour conforter notre conscience dans cette idée.

Biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses et informations jouant en défaveur de ses conceptions

Article Wikipédia sur le biais de confirmation

Laisser ses besoins au four

Ne pas prendre en compte ses propres besoins semble être une habitude bien ancrée pour beaucoup d’entre nous. Peut-être est-il bien vu de penser aux autres avant soi-même, le contraire serait égoïste…

Pourtant, avec le temps j’ai acquis la certitude que rejeter ses propres besoins n’aide personne. Pourquoi? Parce que rejeter un besoin n’en diminue pas l’existence. Réfléchissez, et vous trouverez au moins une personne que vous connaissez et qui parait aigrit à longueur d’année :

  • La mère au foyer épuisée mais qui “n’a pas le choix”, et qui peste après la moindre action de ses enfants qu’elle n’a pas approuvé au préalable;
  • L’entrepreneur insatisfait qui piste tous ses employés parce que “personne ne fait rien comme il faut ici”;
  • Le commerçant désagréable toute la journée avec ses clients, parce que “ces satanés clients mettent le bazar à ma boutique, z’ont vraiment aucune éducation!”

Chacun des trois exemples précédents, d’une manière ou d’une autre, exprime une insatisfaction; en étant cinglant, intrusif, comme figé dans sa vision des choses; mais sans jamais exprimer de sentiment, ni de besoin, et jamais objectivement par-dessus le marché. Ce comportement, sans le vouloir je pense, contribue à poser l’étiquette de la responsabilité sur les autres. Et voilà un ingrédient explosif de la recette du conflit.

Redécouvrir et soigner les besoins

Je crois que prendre le temps de découvrir si un besoin personnel n’est pas satisfait permet de comprendre nos comportement “réflexes”. C’est peut-être là l’ouverture pour prendre soin des besoins. Mécaniquement, nous tendrons vers une attitude plus ouverte et positive, ce qui rejaillit rapidement sur nos relations à autrui. Je crois que prendre le temps de découvrir si un besoin personnel n’est pas satisfait permet de comprendre nos comportement “réflexes”. C’est peut-être là l’ouverture pour prendre soin des besoins.

Mécaniquement, nous tendrons vers une attitude plus ouverte et positive, ce qui rejaillit rapidement sur nos relations à autrui. Je crois que prendre le temps de découvrir si un besoin personnel n’est pas satisfait permet de comprendre nos comportement “réflexes”. C’est peut-être là l’ouverture pour prendre soin des besoins. Mécaniquement, nous tendrons vers une attitude plus ouverte et positive, ce qui rejaillit rapidement sur nos relations à autrui.

Conclusion

Tout d’abord, je tiens à dire que contrairement à ce que l’article peut laisser présager, je pense que débattre, ne pas être d’accord est sain en démocratie.

Seulement, je peux régulièrement constater à quel point parfois, nous n’avons pas conscience du caractère discriminant des détails que je présente dans cet article.

Mon souhait est d’aider quiconque se questionne sur son rapport aux autres, à mieux connaitre ces ingrédients qui, d’après moi, seraient bien plus sympathique rangés dans leur placard la plupart du temps!


A propos de la série #30JoursPourYPenser

Pendant le confinement lié au Coronavirus : 30 jours, 30 articles, autour de la nature et de l’humain, pour comprendre et dessiner un monde durable et joyeux !

La meilleure façon de nous suivre :

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